Ces manques à gagner ont été enregistrés dans sept pays du continent : Algérie, Côte d’Ivoire, Kenya, Maroc, Nigéria, Afrique du Sud et Tunisie.
Le cancer du sein a entraîné plus de 10 milliards de dollars de pertes de productivité dans sept économies africaines entre 2017 et 2023. C’est ce que révèle une analyse présentée lors de l’Africa Press Day 2026, organisé à Nairobi par l’entreprise de santé Roche. Dans un communiqué publié mercredi, Roche précise que l’étude, menée par l’institut WifOR, s’est intéressée à la forme agressive du cancer du sein HER2+, responsable d’environ 20 % des cas sur le continent. Les pertes économiques ont été observées dans sept pays : l’Algérie, la Côte d’Ivoire, le Kenya, le Maroc, le Nigéria, l’Afrique du Sud et la Tunisie.
Des femmes en âge de travailler particulièrement touchées
Selon l’analyse, près de 90 % des pertes économiques concernent des femmes en pleine activité professionnelle. Cette situation souligne l’impact considérable de la maladie sur les familles, mais aussi sur la croissance économique des pays concernés. L’étude met également en avant les bénéfices économiques liés aux investissements dans la lutte contre le cancer. D’après Roche, chaque dollar consacré à des traitements innovants pourrait générer jusqu’à 12,40 dollars de retombées économiques.
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Ces gains proviennent principalement du rétablissement de la productivité des patientes, qui peuvent ainsi poursuivre leurs activités professionnelles plus longtemps et en meilleure santé. Présentant ces conclusions, Maturin Tchoumi a estimé que le cancer du sein représente une menace croissante pour les sociétés africaines. Selon lui, investir dans la santé des femmes ne doit pas être perçu comme une dépense sociale, mais comme un facteur clé de productivité, de résilience et de développement durable sur le continent.
Les médias appelés à renforcer la sensibilisation
Les résultats de l’étude ont été présentés lors de l’Africa Press Day 2026, organisé les 4 et 5 mars à Nairobi. L’événement a rassemblé des journalistes de neuf pays africains ainsi que des responsables politiques, économistes et experts de la santé autour du thème : «La santé, c’est la richesse». Dans son discours d’ouverture, Ouma Oluga a appelé les médias à jouer un rôle actif dans la promotion d’un débat informé sur les politiques de santé publique et les stratégies de prévention.
L’importance du dépistage précoce
Les experts ont également insisté sur la nécessité d’améliorer le dépistage et le diagnostic précoce. En Afrique, environ 77 % des femmes atteintes d’un cancer du sein sont diagnostiquées à un stade avancé, ce qui rend les traitements plus complexes et plus coûteux.
Lire : Cancer du sein : quand le dépistage précoce sauve des vies
Lors de la rencontre, Dorothy Nyong’o a présenté l’initiative kenyane EMPOWER, qui utilise des outils numériques et un réseau de cliniques pour accélérer le diagnostic et la prise en charge des patientes. Selon elle, ce programme a déjà touché plus de 235 000 femmes depuis 2019 et permis à 3 225 d’entre elles d’accéder à un traitement. Elle estime que cette initiative constitue un exemple réussi de partenariat public-privé en faveur de la santé des femmes en Afrique.
Les participants à l’événement ont enfin plaidé pour un renforcement des systèmes de santé sur le continent. Ils recommandent notamment d’intégrer davantage les services de lutte contre les cancers féminins dans les soins de santé primaires et de développer les capacités locales de recherche, de diagnostic et de traitement.