Prenant la parole en wolof lors d’une cérémonie organisée samedi à l’intérieur du pays, Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise de football, a laissé entendre que le pays hôte disposerait d’un poids important au sein de la confédération.
Une semaine après la clôture de la Coupe d’Afrique des nations, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, a publiquement mis en cause le Maroc et la Confédération africaine de football (CAF). Il évoque plusieurs dysfonctionnements liés à l’organisation du tournoi, notamment en matière d’hébergement, de sécurité et d’arbitrage. Dans une vidéo relayée par le site sénégalais Seneweb, il affirme qu’aucune sélection n’a opposé autant de résistance au Maroc que le Sénégal durant la compétition.
Soupçons d’influence au sein de la CAF
S’exprimant en wolof lors d’une cérémonie tenue samedi en province, Abdoulaye Fall a estimé que le Maroc exercerait une influence notable au sein de la CAF. Il a notamment rappelé qu’un ressortissant marocain occupe un poste de vice-président de l’instance, allant jusqu’à affirmer que le royaume « contrôle » la confédération.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Le dirigeant sénégalais est longuement revenu sur les conditions de désignation de l’arbitre de la finale, remportée 1-0 par le Sénégal après prolongation. Selon lui, la FSF a cherché, dès deux jours avant le match, à connaître l’identité de l’officiel, sans obtenir de réponse claire. La notification officielle n’est intervenue que la veille à 22 heures, un délai qui ne permettait plus, selon les règlements, de demander sa récusation.
Des justifications jugées insuffisantes
Toujours d’après Abdoulaye Fall, la CAF aurait expliqué ce retard par la volonté de protéger l’arbitre contre d’éventuelles pressions. Une justification qu’il juge irrecevable, estimant que cette situation a privé le Sénégal de ses droits. Autre point de crispation : l’hôtel initialement attribué à la délégation sénégalaise à Rabat, après son séjour à Tanger. Situé en plein centre-ville, l’établissement présentait, selon M. Fall, des nuisances sonores importantes et un accès peu adapté, rendant impossible l’hébergement de l’équipe dans des conditions optimales.
Un terrain d’entraînement sensible
Le choix du site d’entraînement a également suscité des tensions. Les autorités marocaines auraient proposé au Sénégal de s’entraîner au centre Mohamed VI, un complexe ultramoderne servant de base à la sélection marocaine. Une option refusée par la FSF, qui craignait une exposition excessive de ses stratégies de jeu.
Lire : CAN 2025 : le Sénégal célèbre les Lions de la Teranga
À leur arrivée à Rabat pour la finale, les joueurs sénégalais se seraient retrouvés mêlés au public, sans dispositif de sécurité suffisant. Une situation jugée préoccupante par le président de la FSF. Face à l’accumulation de ces difficultés, Abdoulaye Fall affirme avoir alerté la Fédération marocaine de football et la CAF, prévenant que le Sénégal ne jouerait pas dans de telles conditions. À la suite de ces démarches, la sécurité a été renforcée, un autre stade d’entraînement a été mis à disposition et un nouvel hôtel a été attribué à l’équipe.
Notre Afrik avec AFP