L’agence Bloomfield Investment a maintenu la notation de crédit du pays à A+ pour le long terme et A2 pour le court terme, avec des perspectives stables.
La Côte d’Ivoire continue de bénéficier d’une notation de crédit stable, selon le dernier rapport de l’agence Bloomfield Investment. Valide jusqu’en juin 2025, cette évaluation place le pays parmi les économies les plus résilientes de la région, avec une note de A+ pour le long terme et A2 pour le court terme. Ces notes, accompagnées de perspectives stables, traduisent une capacité de remboursement solide et une gestion maîtrisée des finances publiques.
L’agence, basée à Abidjan, tire son expertise d’un ancrage local qui lui permet de toucher de près la réalité économique du pays. Elle note plusieurs points forts dans l’économie ivoirienne, en particulier sa résilience face aux chocs externes. En effet, malgré les fluctuations mondiales, la Côte d’Ivoire a su maintenir une croissance soutenue ces dernières années, soutenue par des secteurs comme l’agriculture, les infrastructures, et plus récemment, l’industrialisation. L’émergence de nouveaux secteurs prometteurs, comme le numérique et l’énergie, vient conforter cette dynamique.

Le pays bénéficie également d’un climat politique relativement stable. Bien que des fragilités demeurent, notamment liées aux incertitudes post électorales, la stabilité institutionnelle reste un atout pour les investisseurs. L’exécution budgétaire s’est améliorée au fil des ans, avec un contrôle accru des dépenses et une discipline budgétaire qui a permis de réduire les déséquilibres économiques.
Cependant, tout n’est pas rose. Le rapport souligne plusieurs défis structurels auxquels la Côte d’Ivoire doit faire face. La vulnérabilité aux changements climatiques constitue l’une des principales menaces pour l’économie, notamment pour les secteurs agricoles qui restent dépendants des aléas météorologiques. De plus, la transformation industrielle du pays, bien qu’en marche, reste limitée et ne produit pas encore les effets escomptés en termes de diversification économique.

Un autre point d’inquiétude soulevé par Bloomfield est l’augmentation du service de la dette, qui continue de peser sur le budget national. Malgré un endettement globalement maîtrisé, les besoins d’investissement élevés, notamment dans les infrastructures, exercent une pression sur les finances publiques. Le déficit budgétaire persistant pourrait à terme fragiliser l’économie si des mesures correctives ne sont pas mises en place.
À cela s’ajoute le développement humain, qui reste un défi majeur pour le gouvernement. Bien que des efforts aient été déployés pour améliorer les conditions de vie et d’accès à l’éducation, les résultats demeurent en deçà des attentes. Le faible développement humain, combiné à une forte croissance démographique, pourrait ralentir la progression de l’économie à long terme.
Lire : Redressement de l’économie : les recommandations du FMI au Cameroun
D’une manière générale, la Côte d’Ivoire affiche une capacité notable à résister aux chocs économiques, mais elle doit accélérer ses réformes pour assurer une croissance inclusive et durable. Les prochaines années seront décisives pour que le pays puisse transformer ses promesses de développement en réalités tangibles, tout en atténuant les risques qui pèsent sur son avenir économique.
Simon Pierre Etoundi
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP.