Fin février 2025, la plage d’Assinie, à 80 km d’Abidjan, a accueilli la première compétition africaine de surf, « l’Africa Surf Tour », un événement marquant pour le sport.
Sur la plage d’Assinie, lieu de ses premiers exploits, Souleymane Sidibé se prépare à affronter un jury lors d’une compétition africaine de surf. Après avoir appliqué les derniers morceaux de cire sur sa planche pour éviter de glisser, il sait que ce moment pourrait marquer le début d’une grande carrière. Bien que dominé par des pays comme l’Afrique du Sud, le Maroc et le Sénégal, le surf prend doucement son essor en Côte d’Ivoire, un pays avec un littoral de 570 km qui offre des vagues parfaites pour la pratique de ce sport.
À la fin du mois de février 2025, la plage d’Assinie, située à 80 km d’Abidjan, a accueilli la première compétition continentale de surf, « l’Africa Surf Tour », un événement phare pour la discipline en Côte d’Ivoire. Selon Souleymane Sidibé, ce tournoi est un reflet de l’engouement croissant pour ce sport dans le pays. Il a lui-même contribué à cet essor en créant une ONG et une école de surf, la « Souley Surf School », qui s’ajoute aux quelques clubs existants depuis 2017.

Une nouvelle génération de surfeurs
Lors du tournoi, de nombreux jeunes surfeurs amateurs étaient présents, le drapeau ivoirien à la main, observant attentivement les gestes des professionnels. Parmi eux, Kouadio Daniel Koffi, 22 ans, explique qu’il est venu pour apprendre des figures comme les « take-off » et les « roller », observant les performances de ses modèles. L’objectif, selon le président de la Confédération africaine de surf (ASC), Oumar Seye, est de mettre en avant les talents africains sur leur propre continent. Selon lui, l’Afrique possède tout le nécessaire pour que le surf devienne un sport de premier plan.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Malgré les atouts de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Liberia, pays émergents du surf ouest-africain, les surfeurs locaux rencontrent plusieurs difficultés. Guy Constantin Bouillaud, surfeur ivoirien de 29 ans, déplore la difficulté d’obtenir des visas pour participer à des compétitions internationales en raison du manque de sponsors. Carlos Watson, un surfeur libérien de 21 ans, partage cette frustration, expliquant que dans son pays, où les ressources sont limitées, les athlètes doivent souvent s’autofinancer.
Des défis économiques pour développer le sport
En Côte d’Ivoire, The West Factory est l’unique atelier du pays qui fabrique des planches de surf, mais les coûts restent élevés. En effet, avec des prix qui varient entre 350 000 et 500 000 francs CFA (soit entre 533 et 762 euros), ces planches sont inaccessibles à une grande majorité de la population. Ainsi, les surfeurs amateurs doivent se contenter de planches d’occasion, souvent données par d’autres passionnés. Parmi les 46 participants de l’Africa Surf Tour à Assinie, seuls cinq professionnels parviennent à vivre de ce sport. Le Sud-Africain Paul Sampson, vainqueur, et quatre Sénégalais, dont l’espoir Chérif Fall font partie d’eux.
Lire :Palmarès : cinq pays africains parmi les mieux préparés pour le marché de l’emploi
Chérif Fall, un surfeur sénégalais vivant actuellement en Californie, rêve de participer aux Jeux olympiques. Selon lui, pour se qualifier et affronter la concurrence, il est essentiel de voyager et d’acquérir de l’expérience. Le défi pour les surfeurs africains, qu’ils viennent de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal, reste de se faire un nom dans un sport encore jeune sur le continent, tout en surmontant les obstacles économiques et logistiques.
Notre Afrik avec AFP