Soudan : une attaque des paramilitaires fait 100 morts

Les victimes de cet assaut perpétré dans le village de Wad al-Noura à Gezira sont des femmes, des enfants et des personnes âgées.

Le bilan provisoire fait état d’une centaine de civiles tuée et des dizaines d’autres blessés. Des vidéos et des photos partagées sur les réseaux sociaux par le comité de résistance de Wad el-Noura montrent de nombreux corps alignés dans une fosse commune. Des images qui ont suscité la consternation parmi les habitants encore sous le choc. Selon Mini Arko Minawi, le gouverneur de la province du Darfour, des femmes, des enfants et des personnes âgées font partie des victimes de cette attaque perpétrée par les Forces de soutien rapide (RSF) dans le village de Wad al-Noura à Gezira.

D’après le témoignage d’un riverain, les assaillants fortement armés sont arrivés à bord de plus de trente pick-up Toyota. Ils ont saccagé les habitations et les véhicules en tirant sur les habitants. Parmi les victimes figure le journaliste Mekaoui Mohamed Ahmed, qui travaillait pour l’agence de presse soudanaise, ainsi que son frère. Les deux hommes avaient fui la violence à Khartoum pour retourner s’installer dans leur village natal au début de la guerre. Le collectif local formé pour défendre les résidents affirme que la force paramilitaire, engagée dans un affrontement avec l’armée soudanaise depuis plus d’un an, a employé de l’artillerie lourde pour encercler et attaquer le village.

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Le gouvernement de transition soudanais condamne ces attaques dans un communiqué diffusé sur sa chaîne Telegram. Il exhorte la communauté internationale à tenir les forces de sécurité soudanaises responsables de leurs actes. « Il s’agit des Forces de soutien rapide (RSF) en ciblant les civils, en pillant leurs biens et en les déplaçant de force de leurs zones », déclare le bureau des médias du Conseil de souveraineté transitoire.

Le village Wad el-Noura est situé à la frontière de l’État du Nil blanc et entretient des liens économiques avec Khartoum. Le massacre qui l’a frappé constitue la pire tragédie survenue dans l’État d’al-Jazirah, où les Forces de soutien rapide exercent leur domination. Ces forces sont responsables de plusieurs autres attaques. Notamment dans la ville d’el-Geneina, où un rapport de l’ONU estime le nombre de victimes entre 10 000 et 15 000. Elles sont également accusées par Human Rights Watch de se livrer à des actes constitutifs de génocide.

En fin de journée mercredi, les RSF ont affirmé sur X que l’armée soudanaise prévoyait d’attaquer ses troupes à Jabal al-Awliya, dans l’ouest du district d’al-Manaqil, en mobilisant les forces armées soudanaises dans trois bases. « Nos forces ne resteront pas inactives face à tout mouvement ou rassemblement de l’ennemi et s’emploieront à le poursuivre et à le vaincre », ont-ils affirmé dans leur communiqué.

Sonia Feugap avec AFP