Au Nigeria, la fièvre de Lassa tue davantage cette année. Selon le dernier rapport de situation du Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC), qui couvre la période arrêtée au 20 septembre 2026, le pays a enregistré 263 décès parmi 1 115 cas confirmés depuis janvier, dans 24 États et 119 zones de gouvernement local. Le taux de létalité atteint 23,6 %, contre 18,5 % à la même période de 2025.
La hausse ne tient pas seulement au nombre de malades. À la même date l’an dernier, le NCDC comptait 906 cas confirmés et 168 décès. Les cas ont donc augmenté d’environ un quart, et les décès de plus de moitié. Les cas suspects, eux, atteignent 8 218.
Fièvre de Lassa : cinq États concentrent 87 % des cas
L’épidémie reste très localisée. Cinq États rassemblent 87 % des cas confirmés : Ondo (35 %), Bauchi (23 %), Taraba (12 %), Edo (11 %) et Benue (6 %). Les 21-30 ans forment la tranche d’âge la plus touchée. Lors de la seule semaine du 14 au 20 septembre, 11 nouveaux cas confirmés et 4 décès ont été signalés, dans les États d’Ondo, d’Edo et de Taraba.
Les soignants paient aussi leur tribut : 54 agents de santé ont été infectés depuis le début de l’année, selon le même rapport, même si aucun nouveau cas n’a été recensé parmi eux lors de la dernière semaine.
Des malades qui arrivent trop tard
Le NCDC désigne lui-même ce qui fait monter la létalité. Parmi les difficultés listées dans son rapport : l’arrivée tardive des patients, qui augmente le taux de létalité, et un faible recours aux soins dû au coût élevé du traitement et de la prise en charge. S’y ajoutent de mauvaises conditions d’assainissement et une sensibilisation insuffisante dans les communautés les plus touchées.
Le constat déplace le débat. Une campagne d’information ne suffit pas si la famille d’un malade redoute la facture de l’hôpital. Le rapport ne chiffre pas la part des décès due au coût ou au retard, mais il place les deux en tête de ses difficultés. Le NCDC demande aux États de mener la sensibilisation toute l’année, et pas seulement en haute saison, et aux soignants de garder un niveau de suspicion élevé pour orienter et traiter les malades à temps.
Une maladie transmise par les rongeurs
La fièvre de Lassa est une fièvre hémorragique virale. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle se transmet principalement par contact avec des aliments ou des objets contaminés par l’urine ou les excréments de rongeurs infectés, en particulier le rat à mamelles multiples (Mastomys natalensis). La transmission entre personnes est possible par contact avec le sang ou d’autres liquides biologiques, notamment à l’hôpital lorsque les mesures de protection sont insuffisantes.
La plupart des infections sont bénignes ou passent inaperçues, rappelle l’OMS. Mais les premiers symptômes ressemblent à ceux du paludisme, ce qui retarde le diagnostic, que seul un examen de laboratoire peut confirmer. Or des soins de soutien précoces améliorent nettement les chances de survie. La prévention passe par la protection des aliments contre les rongeurs et par l’hygiène dans les établissements de santé.
Pendant qu’Ebola mobilise l’attention en RDC, la fièvre de Lassa, endémique au Nigeria, progresse avec moins d’écho. Ses chiffres de 2026 montrent que l’enjeu n’est pas seulement de détecter les cas, mais de permettre aux malades d’atteindre un centre de traitement assez tôt, et à un coût qu’ils peuvent supporter.
Sources
- NCDC, rapport de situation sur la fièvre de Lassa, semaine 38 (14-20 septembre 2026).
- Organisation mondiale de la santé, fiche d’information sur la fièvre de Lassa.
- Channels Television, 9 octobre 2026 ; Africtelegraph, octobre 2026.
À lire aussi sur NotreAfrik : Ebola RDC : 4 018 morts selon l’INSP, cap des 4 000 franchi · Ebola au Kenya : 1er décès, 57 contacts recherchés · Médicaments : l’Afrique en importe 70 %, alerte le Ghana







