Le prix du riz repart à la hausse. L’indice international du riz de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a progressé de 1,4 % en septembre 2026, selon sa publication du 2 octobre. La FAO l’explique par des inquiétudes météorologiques et une disponibilité saisonnière plus faible du riz Indica. Le signal compte pour l’Afrique subsaharienne, premier marché mondial du riz importé.
Le riz avait jusqu’ici échappé aux tensions sur les matières premières. Selon l’assureur-crédit Coface, ses prix avaient chuté de 35 % en un an pour toucher en octobre 2025 leur plus bas niveau depuis 2017, après la levée des restrictions que l’Inde, premier exportateur mondial, imposait à ses ventes depuis 2022.
Prix du riz : l’Inde donne le ton
Au printemps 2026, le marché restait étonnamment calme. Selon FranceAgriMer, l’Inde jouait le rôle de régulateur en vendant son riz excédentaire autour de 340 à 345 dollars la tonne, moins cher que ses concurrents. Les prix indiens sont repartis à la hausse en mai. Début septembre, les cotations internationales avaient gagné 3 % sur un mois, avec des hausses particulièrement marquées en Inde.
Les récoltes inquiètent. La FAO prévoit une production mondiale de 552,5 millions de tonnes pour la campagne 2026-2027, en recul de 2,4 % par rapport au record précédent, en raison notamment d’une mousson indienne faible et mal répartie. Le fret maritime et les primes d’assurance, alourdis par la crise au Moyen-Orient, ralentissent aussi les expéditions indiennes.
Le marché garde pourtant un amortisseur. La FAO prévoit des stocks mondiaux de 216,9 millions de tonnes en fin de campagne, au deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré malgré une baisse attendue. Il n’y a donc pas de pénurie à ce stade : la hausse traduit des anticipations sur les récoltes, pas un manque de riz disponible.
Une dépendance africaine très concentrée
L’Afrique subsaharienne est particulièrement exposée. Ses besoins d’importation ont augmenté de 17 % en 2024 puis d’environ 15 % en 2025, selon l’Observatoire des statistiques internationales sur le riz (Osiriz). En face, l’offre est concentrée : en 2024, cinq pays asiatiques, l’Inde, la Thaïlande, le Vietnam, le Pakistan et le Cambodge, assuraient 75 % des exportations mondiales, dont 40 % pour la seule Inde, selon Coface. Une mauvaise mousson indienne se lit donc vite dans les ports de Dakar ou d’Abidjan.
Pour l’Afrique de l’Ouest, où le riz est un aliment de base, une hausse durable relancerait aussi le débat sur l’autosuffisance rizicole, objectif affiché depuis des années du Sénégal à la Côte d’Ivoire et toujours hors d’atteinte.
Du prix mondial au sac acheté au marché
L’indice de la FAO mesure des prix à l’exportation, pas ceux que paient les ménages. Entre la cotation à Bangkok ou New Delhi et le sac vendu au marché s’intercalent le fret, les stocks des importateurs, le change et les récoltes locales. Une hausse de 1,4 % à l’exportation ne se transmet donc ni immédiatement, ni à l’identique.
Madagascar en offre un contre-exemple documenté. Selon la FAO, les prix du riz local y ont baissé jusqu’à 25 % entre janvier et juillet 2026, grâce à une meilleure offre intérieure, aux stocks et à l’appréciation de la monnaie ; le riz importé a baissé aussi, mais de moins de 10 % en moyenne. Ces chiffres portent sur le premier semestre et ne disent rien de septembre. Ils rappellent que la facture du riz se mesure marché par marché : c’est là que se jouera l’effet réel de la hausse mondiale.
Sources
- FAO, indice des prix alimentaires et note sur l’offre et la demande de céréales, 2 octobre 2026 ; fiche pays Madagascar, 23 septembre 2026.
- FranceAgriMer, Info Riz n° 456, 461 et 469 (avril, mai et septembre 2026) ; Coface, 13 octobre 2025.
- Osiriz ; Tchadinfos, 2026 ; Agence Ecofin, 7 octobre 2026.
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