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Emprunt obligataire Guinée : 2 500 milliards GNF à 11 %

Immeuble de la Banque centrale de la République de Guinée, pays qui lance un emprunt obligataire de 2 500 milliards GNF

En Guinée, l’État lance ce vendredi 25 septembre 2026 à Conakry un emprunt obligataire par appel public à l’épargne de 2 500 milliards de francs guinéens (GNF), sur cinq ans, au taux annuel annoncé de 11 %. Afriland First Bank Guinée en est l’arrangeur et le chef de file, pour la troisième fois. L’argent doit financer des « investissements structurants » — transports et énergie notamment — du programme national Simandou 2040. C’est la plus grosse des trois émissions de ce type lancées par Conakry depuis décembre 2024.

2 500 milliards GNF : environ 290 millions de dollars, pas 455

Confidentiel Afrique, repris par Financial Afrik, a converti l’emprunt en « 455 millions de dollars ». Le chiffre ne tient pas. Au taux du marché, proche de 8 600 à 8 700 francs guinéens pour un dollar, 2 500 milliards GNF font environ 290 millions de dollars, ce que retient Africtelegraph.

La même dépêche de Confidentiel Afrique convertit d’ailleurs l’emprunt de 2025, 1 500 milliards GNF, en 172,6 millions de dollars — soit un taux de 8 690 GNF par dollar, cohérent avec le marché. Pour obtenir 455 millions, il faudrait un dollar à environ 5 500 GNF. NotreAfrik retient donc le montant en francs guinéens comme référence, et l’ordre de grandeur de 290 millions de dollars.

Les termes publiés à ce stade viennent de la presse, pas encore d’un prospectus consultable : maturité de cinq ans, coupon de 11 %, lancement le 25 septembre. Ce sont les mêmes que ceux de l’émission de 2025.

Le troisième emprunt obligataire de la Guinée en deux ans

En décembre 2024, le ministère de l’Économie et des Finances avait lancé une première opération de 2 000 milliards GNF sur le marché national, déjà arrangée par Afriland First Bank. Elle devait financer des projets dans l’agriculture, l’éducation, la santé, les transports et les technologies, et le ministère la rattachait déjà à la vision Simandou 2040.

En novembre 2025 est venue une deuxième émission de 1 500 milliards GNF. Selon Afriland First Bank Guinée, elle portait sur 300 000 obligations de 5 millions GNF chacune, à cinq ans et 11 %, avec un remboursement du capital annuel et constant, et une souscription ouverte du 24 novembre au 24 décembre 2025.

La nouvelle opération demande 1 000 milliards de plus que la précédente, soit une hausse d’environ 67 %. En comptant les trois émissions, l’État aura sollicité 6 000 milliards GNF de son propre marché.

Qui emprunte, qui arrange, qui paie

L’emprunteur est l’État guinéen, pas la banque. Afriland First Bank Guinée structure l’opération, organise le placement et coordonne les souscripteurs. Écrire qu’« Afriland finance Simandou à hauteur de 2 500 milliards » serait faux : ce sont les banques, assureurs, entreprises et particuliers qui achètent les titres.

L’emprunt ne finance pas non plus la mine de fer de Simandou, exploitée par des consortiums industriels. Simandou 2040 est le programme national de développement que les autorités ont bâti autour des recettes attendues du fer, et que NotreAfrik a décrit à travers les cinq exigences posées par le président Mamadi Doumbouya.

L’emprunt s’ajoute à d’autres financements. Le 10 septembre 2026, le ministère du Plan a annoncé trois accords de prêt avec la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), pour 269,5 millions d’euros. S’y ajoute le programme conclu avec le Fonds monétaire international, que nous avions détaillé : 425 millions de dollars pour encadrer Simandou.

Ce que coûte l’argent de l’épargne locale

Emprunter en francs guinéens épargne à l’État le risque de change : la dette se rembourse dans la monnaie où elle est levée. Mais un coupon de 11 % n’est pas gratuit. Le coût exact dépendra du calendrier d’amortissement, qui figurera dans la documentation définitive de l’émission.

Le vrai test est la profondeur du marché. Placer 2 500 milliards GNF suppose que les banques, les assureurs et les épargnants aient de quoi souscrire. Si l’État absorbe une part trop grande de la liquidité, les banques préféreront la dette publique au crédit aux entreprises : c’est l’effet d’éviction.

D’autres pays de la région empruntent déjà à leurs propres épargnants, comme le Burkina Faso avec ses obligations de diaspora cotées à la BRVM. Pour la Guinée, deux chiffres diront si le pari tient : le montant réellement souscrit à la clôture, et la part apportée par d’autres souscripteurs que les banques.

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