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Fibre optique Ookla : 4 pays en tête, 0,8 % d’abonnés

Déploiement de fibre optique en Afrique de l'Ouest, où quatre pays creusent l'écart

Quatre pays captent l’essentiel des investissements ouest-africains dans la fibre optique : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Sénégal. C’est le constat du rapport « Le chemin inégal vers la connectivité à haut débit en Afrique de l’Ouest », publié en 2026 par la plateforme de mesure Ookla. Abidjan atteint 60,99 Mbit/s de débit médian descendant.

Un autre chiffre du même rapport oblige pourtant à relativiser la performance : au Ghana, les abonnés à la fibre représentent moins de 0,8 % de la population, contre un taux de pénétration mobile de 127 %.

Le classement de la fibre optique en Afrique de l’Ouest

Les données de Speedtest Intelligence pour le premier semestre 2026 placent la Côte d’Ivoire en tête avec 60,99 Mbit/s, devant le Ghana (52,78), le Gabon (42,25), le Sénégal (38,55) et le Nigeria (34,47). Le Togo évolue entre 34 et 38 Mbit/s.

Les progressions sont réelles. Le débit médian ivoirien est passé de 47,52 Mbit/s en 2023 à 60,99 au premier semestre 2026. Le Ghana enregistre la plus forte amélioration d’ensemble, avec un débit médian en hausse de 69,3 % sur la période et un débit montant multiplié par près de deux fois et demie. Le Nigeria progresse de 13,50 à 34,47 Mbit/s.

Ces quatre économies creusent l’écart avec le reste de la sous-région, où la couverture reste dépendante des liaisons satellitaires ou de réseaux cuivre vieillissants.

Le chiffre qui relativise tout

Le Ghana comptait 261 938 abonnés à la fibre au quatrième trimestre 2025, en hausse de 18,4 % sur un an. Ces abonnés représentent moins de 0,8 % de la population. Dans le même temps, le pays compte 42,87 millions d’abonnements mobiles, soit 127 % de pénétration.

L’écart est de deux ordres de grandeur. La « domination » régionale décrite par le rapport porte donc sur un segment qui, à l’échelle des usages réels, demeure marginal. La fibre concerne les zones urbaines et périurbaines, les entreprises et une frange de ménages solvables ; l’internet africain, pour l’immense majorité des utilisateurs, reste mobile.

Ce constat ne disqualifie pas la dynamique. Il précise ce qu’elle mesure : non pas la connexion des populations, mais la construction d’une infrastructure de capacité destinée aux usages professionnels, aux centres de données et, à terme, au raccordement des foyers.

Ce qui porte la dynamique : les câbles sous-marins

Quatre facteurs convergent selon le rapport : la densité urbaine, l’arrivée de nouveaux câbles sous-marins, des cadres réglementaires plus lisibles et l’appétit des opérateurs pour la monétisation des services numériques.

Le facteur câble est le plus structurant. Les atterrissages successifs d’Equiano, de 2Africa et de PEACE ont considérablement accru la capacité internationale disponible en Afrique de l’Ouest et réduit le coût de la bande passante pour les opérateurs. Le câble 2Africa, adossé à Meta, a notamment atterri à Accra.

Mais la capacité internationale ne suffit pas, et c’est la leçon centrale du rapport : le maillon faible n’est plus la connexion au monde, il est la distribution jusqu’à l’abonné.

La vulnérabilité nigériane

Un chiffre illustre la fragilité de ces réseaux. Le Nigeria a enregistré plus de 50 000 coupures de fibre en 2024, dont environ 30 000 causées par des travaux routiers.

Autrement dit, la première cause de rupture du très haut débit nigérian n’est ni technique ni climatique : c’est la pelleteuse. Cela renvoie à une question de coordination entre opérateurs télécoms et maîtres d’ouvrage routiers, et à la protection juridique des infrastructures enterrées — deux chantiers réglementaires qui coûtent bien moins cher qu’un câble sous-marin, et qui conditionnent pourtant le rendement de tous ceux déjà posés.

Le déploiement des capacités de calcul associées est traité dans notre dossier sur l’IA africaine sous contrainte. Les mesures de débit sont publiées par Ookla Speedtest Global Index.

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