Une éclipse solaire partielle sera visible ce mercredi soir, 12 août 2026, depuis dix pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest. L’occultation atteindra 96,3 % du disque solaire à Alger, près de 89 % à Casablanca et environ 47 % à Dakar.
Selon les villes, le maximum se produira entre 18h51 et 19h43 en heure locale, avec un Soleil très bas sur l’horizon ouest — parfois au moment même du coucher. Les horaires et taux d’occultation ci-dessous proviennent des calculs de timeanddate.com relayés par Africa Radio.
L’éclipse solaire du 12 août n’est totale nulle part en Afrique
L’éclipse du 12 août 2026 est une éclipse totale, mais aucun pays africain ne se trouve dans la bande de totalité. L’ombre de la Lune touche d’abord la Terre au-dessus de l’Arctique sibérien, frôle le pôle Nord, traverse l’est du Groenland puis l’ouest de l’Islande — Reykjavík comprise — avant de plonger vers l’Atlantique et d’atteindre le nord de l’Espagne et les Baléares en fin de soirée. Elle s’achève au coucher du Soleil au large de l’Afrique du Nord.
La bande de totalité mesure de 250 à près de 300 kilomètres de large. C’est la première éclipse totale de Soleil visible depuis l’Europe continentale depuis le 11 août 1999. Sur le continent africain, il ne s’agira que d’une phase partielle, plus ou moins profonde selon la latitude et la longitude.
Dix pays sont concernés : l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, le Mali, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et le Liberia. L’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe ne verront rien.
Le Maghreb aux premières loges
C’est en Algérie que le spectacle sera le plus impressionnant. À Alger, le phénomène débute vers 18h42, atteint son maximum vers 19h33 avec environ 96,3 % du disque solaire masqué, et se termine vers 19h42. Une occultation de cette ampleur assombrit sensiblement la lumière ambiante, sans produire pour autant l’obscurité et la couronne solaire caractéristiques d’une totalité.
À Casablanca, le maximum est attendu vers 19h43, avec près de 89 % d’occultation. À Tunis, l’éclipse est plus modeste et plus courte : début vers 18h41, maximum vers 19h11, fin vers 19h14 — une fenêtre d’observation d’à peine plus d’une demi-heure.
En Afrique de l’Ouest, une course contre le coucher du Soleil
Plus au sud, l’ampleur diminue et la contrainte horaire devient déterminante. À Dakar, l’éclipse commence vers 18h25, culmine vers 19h12 avec environ 47 % du Soleil occulté, et s’achève vers 19h34.
Les autres maximums attendus, en heure locale : Nouakchott à 19h07, Bissau à 19h14, Conakry à 19h11, Bamako à 18h51, Freetown à 19h08, Monrovia à 18h56.
Le point critique tient à la hauteur du Soleil. À Conakry, le maximum intervient au moment même du coucher : l’observation dépendra entièrement d’un horizon ouest parfaitement dégagé. La même règle vaut ailleurs sur la façade atlantique — un immeuble, une ligne d’arbres ou un relief suffisent à effacer le phénomène. Les horaires peuvent par ailleurs varier de quelques minutes d’un point à l’autre d’un même pays.
La règle absolue : jamais sans filtre certifié
Une éclipse partielle n’est jamais sans danger. Même lorsqu’il ne reste qu’un mince croissant, la lumière solaire directe peut provoquer des lésions graves et irréversibles de la rétine — souvent indolores au moment où elles surviennent.
L’observation exige des lunettes conformes à la norme ISO 12312-2. Le Centre national d’études spatiales (CNES) rappelle que ces protections sont indispensables pendant toute la durée du phénomène. Les lunettes de soleil ordinaires, même très foncées, ne protègent pas.
Il ne faut pas non plus pointer vers le Soleil des jumelles, un télescope ou un appareil photo sans filtre solaire adapté : l’instrument concentre le rayonnement et aggrave le risque.
Là où les lunettes certifiées sont difficiles à trouver, la projection reste la solution la plus sûre : percer un petit trou dans un carton et projeter l’image du Soleil sur une surface claire, en tournant le dos à l’astre. Une méthode d’appoint, mais sans risque — et qui se partage à plusieurs.
Pour la diaspora, rendez-vous en soirée
Les communautés africaines installées en Europe seront elles aussi aux premières loges. En France métropolitaine, l’éclipse sera partielle mais profonde : plus de 90 % du disque solaire occulté dans de nombreuses régions, avec un Soleil bas vers l’ouest en début de soirée.
Ceux qui veulent voir la couronne solaire devront rejoindre la bande de totalité, en Espagne — l’option la plus accessible depuis l’Europe de l’Ouest.
2027, la grande éclipse d’Afrique du Nord
Le rendez-vous de ce mercredi n’est qu’une répétition. Le 2 août 2027, une éclipse totale traversera de plein fouet l’Afrique du Nord : sud de l’Espagne, Gibraltar, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, puis Égypte, avant l’Arabie saoudite, le Yémen et la Somalie.
Sa durée maximale, environ 6 minutes et 23 secondes au-dessus de l’Égypte, en fera l’une des plus longues du siècle. Près de 89 millions de personnes vivent dans le couloir de totalité, contre une poignée sur la trajectoire arctique de 2026. Pour les États concernés, l’échéance représente un enjeu touristique et scientifique que plusieurs ont déjà commencé à préparer — dans une région où les ambitions spatiales africaines cherchent aussi leur public.