En confirmant, le 23 juillet 2026, la note Baa1 de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) avec une perspective stable, l’agence Moody’s envoie un signal positif aux investisseurs. Cette décision traduit la solidité financière de l’institution régionale et sa capacité à poursuivre le financement du développement de l’UEMOA.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) continue de bénéficier de la confiance des marchés internationaux. Le 23 juillet 2026, l’agence Moody’s Ratings a confirmé la note Baa1 de l’institution, assortie d’une perspective stable. Une décision qui intervient dans un contexte régional particulièrement exigeant, marqué par l’instabilité sécuritaire au Sahel, les difficultés budgétaires de certains États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et les incertitudes géopolitiques mondiales.
Pour Moody’s, cette confirmation repose sur plusieurs fondamentaux solides. L’agence met en avant une situation de solvabilité renforcée, une liquidité robuste, un profil de financement diversifié et le soutien constant des actionnaires de la banque. Ces atouts permettent à la BOAD de poursuivre sa mission de financement du développement régional tout en absorbant les risques inhérents à son environnement d’intervention.
L’évaluation souligne notamment les progrès réalisés au cours du précédent plan stratégique (2021-2025). Grâce à l’augmentation de capital décidée en 2022, les fonds propres utilisables de la banque ont fortement progressé. Cette opération, largement soutenue par les États membres de l’UEMOA avec l’appui de partenaires comme la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), a permis de renforcer durablement la capacité financière de l’institution. En parallèle, la BOAD a eu recours à des instruments innovants tels que la dette hybride, l’assurance contre le risque de non-paiement et la titrisation afin d’accompagner sa croissance tout en maîtrisant les risques pesant sur son bilan.
Moody’s relève également une amélioration continue de la qualité du portefeuille de prêts. Le taux de créances douteuses est ainsi passé de 2,7 % en 2021 à 2,1 % fin 2025, illustrant la résilience des actifs de la banque malgré les crises successives qui ont affecté la région. Selon l’agence, cette performance traduit autant la prudence de la gestion des risques que la volonté des États emprunteurs de continuer à honorer leurs engagements envers la BOAD, y compris dans un contexte économique difficile.
La solidité de la liquidité constitue un autre facteur déterminant. À fin 2025, les ressources disponibles de la banque couvraient plus de 97 % de ses besoins de financement sur les dix-huit mois suivants. La BOAD bénéficie par ailleurs d’un accès statutaire au refinancement de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), son principal actionnaire, tout en consolidant depuis une dizaine d’années sa présence sur les marchés internationaux grâce à des émissions régulières d’obligations, notamment des obligations durables.
L’agence n’ignore pas pour autant les risques qui continuent de peser sur la sous-région. Les tensions sécuritaires au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les difficultés de crédit du Sénégal ainsi que les incertitudes liées au contexte international demeurent des facteurs de vigilance. Moody’s estime toutefois que les importantes marges de sécurité accumulées par la BOAD, la qualité de sa gouvernance et ses outils de gestion des risques lui permettent d’aborder avec confiance la mise en œuvre de son nouveau plan stratégique 2026-2030.
Au-delà de la notation elle-même, cette décision représente un enjeu majeur pour la banque. Elle conforte sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux et facilite sa capacité à mobiliser des ressources à des conditions compétitives. Des financements qui demeurent essentiels pour soutenir les infrastructures, la transition énergétique, le secteur privé et les projets d’intégration économique de l’UEMOA. Dans une région où les besoins d’investissement restent considérables, la confiance renouvelée de Moody’s vient ainsi conforter le rôle central de la BOAD comme moteur du développement économique en Afrique de l’Ouest.
Notre Afrik