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Conférence économique africaine 2026 : Abidjan fixe le cap d’une Afrique acteur mondial

La Conférence économique africaine 2026 a officiellement ouvert ses portes le 10 juillet à Abidjan, au siège de la Banque africaine de développement (BAD), autour d'un thème qui résume l'ambition du moment : « Renforcer l'action géopolitique et la résilience commerciale de l'Afrique dans un monde multipolaire ». Pendant trois jours — du 10 au 12 juillet —, économistes, chercheurs, responsables politiques et experts d'institutions régionales et internationales débattent des leviers concrets pour faire de l'Afrique un acteur qui définit les règles, plutôt qu'un continent qui les subit.

Analyse NotreAfrik — Lancée en 2006, la Conférence économique africaine rassemble chaque année les principales institutions de développement du continent. L'édition 2026 intervient dans un contexte de reconfiguration des alliances mondiales et de contraction de l'aide publique au développement dans plusieurs pays donateurs. La création annoncée du Réseau africain des économistes en chef (ACE Network) marque une étape dans la structuration d'une expertise économique continentale indépendante.
conférence économique africaine — La Conférence économique africaine 2026 s’ouvre à Abidjan pour explorer les voies d’un
© APO Group

La conférence économique africaine 2026 : de la dépendance à l'autonomie

Co-organisée par la BAD, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), cette édition réunit les voix les plus influentes du développement africain. Le ministre ivoirien du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, gouverneur de la BAD pour la Côte d'Ivoire, a ouvert le ton : « L'Afrique ne peut plus se contenter d'être un simple réservoir de matières premières. Nous devons être considérés comme un acteur majeur des chaînes d'approvisionnement, un pôle d'industrialisation, capable de défendre ses intérêts au sein de la gouvernance économique internationale. »

Le président de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, a posé le changement de paradigme en termes clairs : « Pendant des décennies, les débats sur l'Afrique ont souvent porté sur la dépendance, la vulnérabilité et l'adaptation. Aujourd'hui, nous devons mettre l'accent sur l'autonomie, la résilience, la compétitivité et l'influence. » Il a ancré cette vision dans sa feuille de route des Quatre points cardinaux et la Nouvelle architecture africaine de financement du développement (NAFAD). Ahunna Eziakonwa, sous-secrétaire générale et directrice du Bureau régional pour l'Afrique du PNUD, a abondé dans ce sens : « Le rôle de l'Afrique n'est plus de s'adapter aux règles imposées par d'autres, mais de contribuer à définir les règles de demain. »

Sur la question du financement, Mathias Cormann, secrétaire général de l'OCDE, a sonné une alerte en vidéo : « Pour de nombreux pays partenaires, l'aide n'est plus une source de financement fiable ni en croissance. » Pilar Garrido, directrice de la coopération internationale pour le développement à l'OCDE, a complété : il faut « mobiliser des volumes bien plus importants de financements pour le développement provenant de toutes les sources ». La première journée a couvert des thématiques aussi diverses que l'industrialisation, l'emploi des femmes et des jeunes, la transformation numérique de l'administration publique, la gouvernance des ressources naturelles et la lutte contre la corruption.

Financement, industries et capital humain au cœur des débats

L'édition 2026 de la Conférence économique africaine accueille également la réunion annuelle du Réseau mondial des économistes en chef des institutions de développement et de financement, et verra le lancement officiel du Réseau africain des économistes en chef (ACE Network). Une double cérémonie de remise de diplômes clôturera les travaux : la deuxième promotion de l'Académie de gestion des finances publiques pour l'Afrique et la première promotion de l'Académie de gestion des politiques macroéconomiques pour l'Afrique recevront leurs titres. Créée en 2006, la conférence s'est imposée en près de vingt ans comme l'une des principales plateformes de réflexion sur les enjeux de développement du continent.

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Avec APO Group.

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