Après avoir essuyé un premier refus en 2025, les États-Unis reviennent à la charge avec une proposition d’accord sur la migration. Celle-ci pourrait permettre d’accélérer les expulsions vers le Nigeria.
Selon Africa Intelligence, l’administration Trump a transmis à Abuja une nouvelle proposition d’accord migratoire. Le texte viserait à faciliter et accélérer les expulsions vers le Nigeria, dans un contexte où Washington cherche à lever les obstacles administratifs, diplomatiques et juridiques qui ralentissent les renvois depuis le territoire américain.
Le calendrier n’a rien d’anodin. Au moment même où cette proposition est révélée, le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a rendu publics, mercredi, les noms et photographies de 124 ressortissants nigérians présentés comme relevant de la catégorie des « worst of the worst » — la formule utilisée par l’administration Trump pour désigner les étrangers condamnés pour des infractions graves et jugés prioritaires dans sa politique d’éloignement. Ni la nature des condamnations, ni le calendrier des renvois n’ont été précisés.
Un premier refus resté célèbre
En juillet 2025, le Nigeria avait opposé une fin de non-recevoir spectaculaire aux pressions américaines. Washington demandait alors à plusieurs capitales africaines d’accueillir des expulsés de pays tiers, notamment des ressortissants vénézuéliens. Le ministre des Affaires étrangères Yusuf Tuggar avait répliqué que son pays, fort de plus de 230 millions d’habitants, avait « suffisamment de problèmes », citant même le groupe de rap Public Enemy : « Flavor Flav has problems of his own. I can’t do nothing for you, man. »
La réponse américaine ne s’était pas fait attendre : restrictions de visas et menaces tarifaires, des mesures qu’Abuja avait qualifiées de « stratégie de pression » et non de réciprocité. L’escalade s’est poursuivie début 2026 : suspension de la délivrance de visas d’immigrant aux ressortissants nigérians et, pour les demandeurs de visas touristiques ou d’affaires, obligation de déposer une caution pouvant atteindre 15 000 dollars.
Un test pour Abuja
Contrairement à l’offre de 2025, la nouvelle proposition viserait d’abord la réadmission de ressortissants nigérians eux-mêmes — un terrain sur lequel Abuja pourra plus difficilement invoquer le seul argument de souveraineté. Reste à savoir dans quelles conditions, avec quelles garanties et contre quelles contreparties le gouvernement Tinubu acceptera — ou non — d’ouvrir la discussion avec une administration américaine qui a fait de l’expulsion un levier de négociation internationale.
Source : Africa Intelligence.