L’activiste nigérien Nassirou Bodo a été placé sous mandat de dépôt et transféré à la maison d’arrêt de Niamey après son audition par le parquet.
Son incarcération intervient quelques jours après la publication de messages particulièrement critiques à l’égard des autorités militaires au pouvoir. Selon plusieurs médias locaux, l’intéressé avait auparavant été placé en garde à vue avant d’être présenté à la justice.
Des poursuites liées à des publications sur les réseaux sociaux
D’après des informations relayées par la presse nigérienne, Nassirou Bodo est poursuivi pour «diffusion de données de nature à troubler l’ordre public».
Au début de la semaine, l’activiste avait publié un message appelant les citoyens nigériens à manifester leur désapprobation face à ce qu’il qualifiait de «violence sociale» exercée contre les populations. Il invitait notamment à mener des actions de protestation sur une longue période à partir du 1er juin.

Des critiques sur la sécurité et les déguerpissements
Dans ses prises de position, Nassirou Bodo évoquait plusieurs sujets sensibles, parmi lesquels la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines régions du pays.
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Il dénonçait également les opérations de déguerpissement menées autour de l’aéroport de Niamey, où de nombreuses habitations ont été démolies ces derniers mois.
Les autorités nigériennes justifient ces mesures par des impératifs de sécurité, estimant que la présence de constructions irrégulières à proximité des infrastructures stratégiques représente un risque dans le contexte de la lutte contre le terrorisme.
Un contexte sécuritaire toujours tendu
Le Niger demeure confronté à des attaques récurrentes menées par des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique.
Cette situation a conduit les autorités militaires, arrivées au pouvoir en juillet 2023, à renforcer les dispositifs sécuritaires et les mesures de contrôle dans plusieurs régions du pays. Les questions liées à la sécurité nationale occupent désormais une place centrale dans les décisions gouvernementales.
Des inquiétudes sur les libertés publiques
Depuis l’installation du régime militaire, plusieurs journalistes, militants et acteurs de la société civile ont fait l’objet d’interpellations ou de poursuites judiciaires. Certaines personnes ont été poursuivies pour diffamation, atteinte à la sûreté de l’État ou encore complot contre l’autorité publique.
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Selon des organisations de défense de la presse, plusieurs journalistes restent actuellement détenus au Niger, tandis que d’autres ont été remis en liberté après plusieurs mois d’incarcération.
Une affaire qui relance le débat
L’incarcération de Nassirou Bodo intervient dans un contexte où les questions relatives à la liberté d’expression et à la sécurité demeurent au cœur des débats au Niger.
Elle rappelle également le cas de Moussa Tchangari, figure de la société civile détenue depuis fin 2024 dans une affaire liée notamment à des accusations d’atteinte à la sûreté de l’État.
L’évolution de la procédure judiciaire engagée contre Nassirou Bodo sera suivie de près par les organisations de défense des droits humains ainsi que par les acteurs de la société civile nigérienne.
Notre Afrik avec AFP








