Six personnes ont été condamnées à la prison à vie pour leur implication dans l’attaque du poste-frontière de Kafolo en juin 2020, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Le verdict a été prononcé le 27 avril 2026 à Abidjan, au terme d’un procès impliquant 45 accusés.
Outre les six condamnations à perpétuité, dix-sept autres prévenus ont écopé de peines de 20 ans de prison pour complicité d’actes de
terrorisme, tandis que les autres accusés ont été acquittés.
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
Ce jugement vient clore une procédure judiciaire entamée après une longue phase d’instruction, ayant abouti à l’ouverture du procès en décembre 2025. La cour est allée au-delà des réquisitions du parquet, qui avait initialement demandé la prison à vie pour cinq accusés.
Une attaque meurtrière en 2020
L’attaque de Kafolo, survenue le 10 juin 2020, avait coûté la vie à 14 soldats ivoiriens. Le poste-frontière visé est situé dans une zone stratégique proche du Burkina Faso, région exposée aux incursions de groupes armés.
📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP
Selon les éléments présentés au procès, une trentaine de combattants avaient participé à l’assaut, dont certains venus du pays voisin. Deux accusés, identifiés comme Ali Sidibé, alias «Sofiane», et Hassane Diallo, ont reconnu leur implication dans les faits.
Une attaque revendiquée par des groupes jihadistes
L’attentat avait été revendiqué à l’époque par la Katiba Macina, affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lui-même lié à Al-Qaïda.
Le ministère public a qualifié cette attaque d’«assaut au cœur de la Côte d’Ivoire», soulignant sa portée symbolique dans un pays relativement épargné par les violences jihadistes à grande échelle.
Un symbole de résilience sécuritaire
Pour les autorités judiciaires, ce procès incarne la capacité de l’État à répondre aux menaces terroristes tout en honorant la mémoire des forces de défense tombées lors de l’attaque.
Depuis les événements de Kafolo, la Côte d’Ivoire a renforcé son dispositif sécuritaire, notamment dans les zones frontalières, afin de contenir les incursions de groupes armés actifs dans la région sahélienne.
Une pression régionale persistante
Le pays reste exposé à un environnement sécuritaire instable, en raison de sa proximité avec des zones de forte activité jihadiste, notamment au Mali, au Niger et au Burkina Faso.
Toutefois, les autorités attribuent l’accalmie relative observée ces dernières années à une combinaison de réponses militaires, parfois soutenues par France, et de programmes sociaux destinés à prévenir la radicalisation.
Dans l’ensemble, ce verdict marque une étape importante dans la lutte contre le terrorisme en Côte d’Ivoire, tout en rappelant la persistance des menaces aux frontières nord du pays.
Notre Afrik avec AFP