L’armée de l’air nigériane a annoncé le lancement immédiat d’une investigation technique et l’envoi d’une mission d’experts sur le terrain pour faire la lumière sur les frappes aériennes de samedi 12 avril.
Cette procédure vise à déterminer les causes exactes du drame survenu sur le marché de Jilli, dans l’État de Yobe, où une opération antiterroriste a tragiquement tourné au massacre de civils, suscitant une vive émotion nationale.
Un bilan humain lourd et des hôpitaux saturés
L’attaque s’est produite alors que l’aviation traquait des cellules insurgées à la frontière de l’État de Borno. Le marché, lieu de vie et
d’échanges essentiel pour les populations locales, a été transformé en zone de guerre en quelques instants. Si les rapports sécuritaires officiels font état d’au moins 56 décès et 14 blessés, des sources locales et des organisations humanitaires craignent un bilan bien plus dramatique, évoquant plus de 100 morts.
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L’urgence est désormais sanitaire. Les structures médicales de Geidam et de Maiduguri sont totalement débordées par l’arrivée massive de blessés graves. Le manque de moyens logistiques et de lits complique la prise en charge des survivants, dont beaucoup se trouvent dans un état critique. Cette tragédie repose cruellement la question de l’identification des cibles lors des interventions aériennes dans des zones à forte densité civile.
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Une stratégie militaire face au défi de la protection civile
Engagé depuis plus de quinze ans dans un conflit sanglant contre Boko Haram et l’ISWAP, le Nigeria utilise massivement son aviation pour frapper les sanctuaires terroristes. Cependant, la répétition de ces « erreurs » de ciblage entache la réputation de l’institution militaire. En 2025 déjà, des incidents similaires dans les États de Zamfara et de Katsina avaient coûté la vie à des dizaines d’innocents, renforçant le sentiment d’insécurité chez les populations locales.
L’ouverture de cette nouvelle enquête est perçue par beaucoup comme un test de crédibilité pour le commandement militaire. Par le passé, les conclusions de telles investigations sont souvent restées confidentielles, alimentant une défiance grandissante envers l’armée. Pour les familles des victimes de Jilli, l’attente ne porte pas seulement sur des explications techniques, mais sur une véritable reconnaissance de leur souffrance et une garantie que de tels drames ne se reproduiront plus.