Selon l’institution, près de 63 % des Nigérians vivaient sous le seuil de pauvreté en 2025, soit environ 140 millions de personnes. Une tendance à la hausse qui s’est accentuée ces dernières années, passant de 56 % en 2023 à 61 % en 2024, avant d’atteindre son niveau actuel..
Cette évolution intervient alors même que les indicateurs de prix affichent une amélioration.
L’inflation globale a fortement reculé en un an, tout comme les prix des denrées alimentaires. Toutefois, cette décrue reste insuffisante pour soulager les ménages.
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En cause : des revenus qui stagnent et peinent à rattraper les hausses passées. Résultat, le pouvoir d’achat demeure fragilisé, maintenant une grande partie de la population dans des conditions précaires.
Un modèle économique déséquilibré
Au-delà de la conjoncture, les difficultés tiennent aussi à des facteurs structurels. L’économie nigériane reste marquée par un contraste important entre des secteurs modernes relativement dynamiques et une agriculture en perte de vitesse.
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Or, ce dernier secteur concentre une grande partie des populations vulnérables. Sa faible productivité limite la redistribution des fruits de la croissance, creusant davantage les inégalités.
Une amélioration attendue mais lente
La Banque mondiale anticipe une inversion progressive de la tendance à partir de 2026, avec une baisse du taux de pauvreté qui pourrait atteindre environ 59 % à l’horizon 2028. Mais cette évolution devrait rester modérée, freinée par un marché de l’emploi peu dynamique et des disparités économiques persistantes.
Les tensions internationales, notamment sur les marchés de l’énergie, continuent par ailleurs d’exercer une pression indirecte sur les coûts de la vie.
La nécessité d’une croissance plus inclusive
Face à ce constat, les autorités et les partenaires internationaux appellent à des réformes plus profondes. La maîtrise durable de l’inflation apparaît comme un préalable, mais elle doit s’accompagner d’actions concrètes en faveur de l’emploi et de la redistribution.
Le gouvernement nigérian mise notamment sur le renforcement des programmes sociaux, incluant des aides directes aux ménages les plus fragiles, afin d’atténuer les effets de la vie chère. L’enjeu reste désormais de transformer les avancées macroéconomiques en améliorations tangibles pour la population, condition essentielle pour inverser durablement la courbe de la pauvreté.