avec plus de 200 voix favorables, à l’issue d’un vote particulièrement rapide. Cette réforme modifie en profondeur le dispositif de gestion de la vacance du pouvoir.
Jusqu’ici, l’intérim présidentiel était assuré par le président du Sénat, en attendant l’organisation d’une élection. Désormais, cette responsabilité reviendra au vice-président, désigné directement par le chef de l’État, qui sera chargé d’achever le mandat en cours.
À 93 ans, Paul Biya se dote ainsi d’un mécanisme de succession immédiate. Toutefois, le texte reste peu précis quant aux pouvoirs exacts de cette nouvelle fonction, évoquant principalement des compétences susceptibles d’être déléguées.
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Présentant le projet, le ministre de la Justice, Laurent Esso, a insisté sur la nécessité d’adapter les institutions aux exigences de gouvernance, évoquant une «responsabilité fonctionnelle» du chef de l’État face aux enjeux historiques.
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Une réforme fortement contestée par l’opposition
Malgré son adoption, la révision constitutionnelle est loin de faire l’unanimité. Plusieurs figures de l’opposition dénoncent une concentration accrue du pouvoir exécutif.
Issa Tchiroma Bakary a critiqué une «dérive monarchique» et une atteinte aux principes démocratiques, tandis que Maurice Kamto a qualifié la réforme de «coup d’État institutionnel», appelant à une mobilisation citoyenne à travers une pétition nationale.
Portée par le projet de loi n°2094 d’avril 2026, cette révision s’inscrit dans la continuité des modifications apportées à la Constitution de 1972, notamment en 1996 et 2008. Les autorités la présentent comme une réponse aux enjeux de gouvernance et de stabilité.
Ce changement intervient également dans un contexte de renouvellement à la tête des institutions parlementaires. Aboubakary Abdoulaye a récemment pris la présidence du Sénat, succédant à Marcel Niat Njifenji, tandis que Théodore Datouo a remplacé Cavaye Yéguié Djibril à la tête de l’Assemblée nationale.
Pour les détracteurs du président Paul Biya, cette réforme ouvre la voie à une désignation directe du successeur par le président, renforçant ainsi les interrogations sur l’équilibre institutionnel et la transparence du processus démocratique.