La conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ouvert ses portes jeudi 26 mars à Yaoundé, au Cameroun, alors que l’institution traverse une crise profonde. Les tensions commerciales, la montée du protectionnisme et les turbulences économiques liées à la guerre au Moyen-Orient pèsent lourdement sur le commerce mondial. Pendant quatre jours, les membres de l’OMC tenteront de relancer une organisation fragilisée par
des négociations bloquées et des désaccords géopolitiques persistants.
Un système commercial mondial en crise
«Le système du commerce mondial connaît ses pires perturbations depuis 80 ans», a déclaré la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, à l’ouverture de la conférence. Selon elle, ces perturbations reflètent des bouleversements plus larges qui ébranlent l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de la deuxième conférence ministérielle de l’OMC sur le continent africain, après Nairobi en 2015, et elle est présentée comme une opportunité de relancer le multilatéralisme commercial.
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Appel à un nouveau chapitre pour l’OMC
Mme Okonjo-Iweala a exhorté Yaoundé à ouvrir «un nouveau chapitre dans l’histoire du système commercial multilatéral», pointant l’«unilatéralisme» croissant des grandes puissances et l’échec collectif des membres à répondre aux préoccupations des pays. Pour cette quatorzième édition, nombreux sont ceux qui espèrent que la réunion permettra enfin de conclure des accords et de réformer l’OMC, malgré les divergences persistantes entre les États.
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Une réforme au cœur des discussions
Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a appelé à une «réforme en profondeur» pour mieux gérer la concurrence, les surcapacités et les politiques de marché. Le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance dans le système multilatéral.
Les discussions portent sur plusieurs points : revoir le principe de consensus, adapter les règles pour les pays en développement, garantir l’égalité des conditions de concurrence et relancer le mécanisme de règlement des différends commerciaux.
Le retour de l’administration Trump et la complexité des négociations
Cette conférence est la première depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, dont la politique commerciale agressive remet en question le multilatéralisme et les règles de l’OMC. Parmi les demandes américaines figure la révision du principe de «nation la plus favorisée» (MFN), garantissant un traitement égal à tous les partenaires commerciaux. L’UE reste ouverte à une discussion, tandis que la Chine et d’autres pays en développement insistent pour que ce principe reste central.
Notre Afrik avec AFP