Le Gabon veut changer de paradigme dans l’exploitation de ses ressources minières. Le pays, deuxième producteur africain de manganèse, s’est engagé dans une stratégie visant à transformer localement ce minerai stratégique avant son exportation. L’objectif des autorités est de mettre fin à l’exportation de manganèse brut d’ici 2029 et de développer une véritable industrie métallurgique nationale.
l’occasion de la 32ᵉ édition du Mining Indaba, organisée en février au Cap en Afrique du Sud, le Gabon a réaffirmé sa volonté de franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Deuxième producteur africain de manganèse avec près de 9,4 millions de tonnes exportées en 2024, le pays entend désormais transformer ce minerai en produits à plus forte valeur ajoutée, notamment le ferromanganèse et le silicomanganèse, avant leur sortie des ports gabonais.
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Pour les autorités de Libreville, la participation aux grands rendez-vous internationaux du secteur minier doit désormais déboucher sur des projets industriels concrets et générateurs de retombées locales.
Sortir du modèle purement extractif
Aujourd’hui, le secteur minier représente environ 6 % du produit intérieur brut du Gabon. Cependant, une grande partie de la valeur générée par cette activité échappe encore à l’économie nationale. Les emplois qualifiés, les revenus fiscaux ainsi que les technologies de transformation se concentrent majoritairement dans les industries sidérurgiques d’Asie et d’Europe.
Face à ce constat, les autorités gabonaises ont fixé une échéance ferme : à partir de 2029, l’exportation de manganèse brut devra cesser. Cette orientation vise à intégrer davantage le pays dans les chaînes de valeur mondiales, notamment celles liées à la fabrication de batteries de nouvelle génération, essentielles pour la transition énergétique.
Le projet NGM, premier jalon industriel
Dans cette dynamique, l’initiative portée par Nouvelle Gabon Mining (NGM) illustre la volonté d’industrialisation du secteur. L’entreprise, active dans les régions de Franceville et Okondja, a annoncé en juin 2025 la mise en place d’une unité de production d’alliages métalliques.
La capacité initiale de l’installation devrait atteindre 70 000 tonnes. Au-delà de son volume, ce projet constitue surtout un test grandeur nature de la transformation locale du manganèse. Il montre qu’une étape métallurgique peut être intégrée sur place malgré les contraintes logistiques et énergétiques liées à la production de ferro-alliages, une activité particulièrement consommatrice d’électricité.
Des financements pour soutenir l’industrialisation
Pour concrétiser cette ambition, le projet bénéficie du soutien de la plateforme Africa Minerals and Metals Processing Platform (A2MP), fondée par l’homme d’affaires Gagan Gupta. En novembre 2025, cette initiative a reçu un appui financier important avec l’injection de 300 millions de dollars par le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA). Ces financements visent à combler le déficit d’infrastructures de transformation minière sur le continent et à soutenir des projets industriels intégrés comme celui envisagé au Gabon.