Togo : plusieurs personnes tuées lors de manifestations à Lomé

Selon des organisations de la société civile, au moins sept morts et plusieurs blessés ont été recensés le 29 juin, lors de violences imputées aux forces de l’ordre et à des miliciens.

Fin juin, la capitale togolaise est secouée par une vague de protestations contre le régime, marquées par un bilan lourd. Selon des organisations de la société civile dimanche 29 juin, au moins sept personnes ont trouvé la mort et des dizaines d’autres ont été blessées, à la suite de violences attribuées aux forces de l’ordre et à des miliciens.

Les rassemblements, parfois composés de dizaines de manifestants, ont été violemment dispersés entre jeudi 26 et samedi 28 juin à l’aide de gaz lacrymogènes. Des pneus et des barricades en bois ont été brûlés dans plusieurs quartiers, contraignant la fermeture de nombreux commerces.

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Le gouvernement conteste les accusations de tirs

Dimanche soir, une réaction officielle du gouvernement déclare que les corps repêchés dans les cours d’eau de Lomé jeudi et samedi seraient morts par noyade, selon des analyses médico-légales, réfutant ainsi toute implication de tirs policiers. Le communiqué évoque par ailleurs des « tentatives de récupération malheureuses ».

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Le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, a salué le professionnalisme des forces de sécurité dans un discours à la télévision d’État.  « Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection des citoyens togolais », a-t-il affirmé. Ces manifestations, peu fréquentes au Togo ces dernières années, correspondent au deuxième appel à la mobilisation sur les réseaux sociaux ce mois-ci. Pour David Dosseh, porte-parole du mouvement « Togo debout », dans un pays où la Constitution garantit le droit de s’exprimer, nul ne devrait subir cette violence d’État. Nous sommes des citoyens, pas des bêtes.

Lire :  Togo : l’opposition dénonce des arrestations arbitraires lors de manifestations

Les protestataires dénoncent plusieurs griefs, dont les arrestations de voix critiques, la hausse des tarifs de l’électricité et la réforme constitutionnelle qui vise à renforcer le pouvoir de Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005. Les manifestations de début juin faisaient suite à l’arrestation du rappeur Aamron, critique du régime, qui avait été hospitalisé puis libéré mi-juin. À l’époque, Amnesty International rapportait des témoignages de torture ou de mauvais traitements parmi environ cinquante arrestations, allégations fermement démenties par le gouvernement.

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