La décision prise par les avocats fait suite à l’enlèvement violent de l’un des leurs, maître Mohamed Traoré, survenu dans la nuit de vendredi à samedi.
L’ordre des avocats de Guinée a annoncé, ce lundi 23 juin, la suspension de toute activité judiciaire pendant deux semaines. Cette décision fait suite à l’enlèvement brutal de l’un de leurs membres, maître Mohamed Traoré, survenu dans la nuit de vendredi à samedi. Maître Mohamed Traoré a été kidnappé à son domicile situé en périphérie de Conakry par des individus cagoulés. Selon les témoignages recueillis par le barreau, il a été rudoyé puis relâché quelques heures plus tard. L’affaire suscite une vive indignation dans la profession.

Ancien membre du Conseil national de la transition (CNT), organe législatif transitoire, maître Traoré s’était retiré de ses fonctions début 2025. Figure connue pour sa franchise, il s’est progressivement éloigné des militaires au pouvoir depuis le coup d’État de 2021 contre le président Alpha Condé. Le barreau soupçonne que ses critiques à l’égard des autorités militaires soient à l’origine de cette agression.
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Grève et retrait des institutions
Cette grève vise à dénoncer ce que le barreau qualifie de « violations graves » des droits des avocats. Par ailleurs, le barreau a annoncé le retrait immédiat de ses membres des institutions et commissions mises en place par le régime militaire. Un porte-parole, maître Kémoko Malick Diakité, a indiqué qu’une plainte serait déposée contre les auteurs de l’enlèvement. Une commission spéciale sera formée pour suivre de près cette procédure judiciaire.
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Suite à cet incident, maître Mohamed Traoré a publié une lettre sur les réseaux sociaux, dans laquelle il annonce suspendre temporairement sa carrière pour protéger ses proches. « J’ai compris que ma famille était mise en danger », a-t-il écrit. Dans un communiqué officiel, le procureur général Fallou Doumbouya a fait savoir qu’une « enquête approfondie » avait été ouverte pour élucider les violences subies par maître Traoré, incluant « des coups et des menaces de mort ». Il a également affirmé être prêt à rencontrer une délégation du barreau pour échanger sur la situation. « Le parquet général exprime sa solidarité avec le barreau et réaffirme que toute forme de violence contre les professionnels de la justice est inacceptable », a-t-il souligné.
Notre Afrik avec AFP








