Culture : l’Unesco appelle à préserver d’urgence le patrimoine africain

Selon les participants à la conférence organisée à Nairobi par l’organisation, les conflits et le changement climatique contribuent à l’érosion des monuments et jouent un rôle important dans leur dégradation.

Lors de la conférence de Nairobi tenue début mai, en collaboration avec le gouvernement kényan et le Fonds pour le patrimoine mondial africain, l’Unesco a renouvelé son appel à agir face à la détérioration rapide des sites culturels en Afrique. La directrice régionale de l’Unesco pour l’Afrique de l’Est, Louise Haxthausen, a insisté sur l’urgence d’un cadre juridique et politique renforcé. « Il est impératif d’élaborer des dispositifs solides pour protéger les sites culturels contre les effets du changement climatique et les pressions humaines », déclare-t-elle.

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Églises creusées dans le roc de Lalibela en Éthiopie

Impact des changements climatiques

Les participants à la conférence ont plaidé pour une approche collective et inclusive, impliquant les États, les institutions internationales, les chercheurs ainsi que les communautés locales. Selon eux, les conflits et le changement climatique contribuent à l’érosion physique des monuments et sont à l’origine d’une partie de cette dégradation. Ils ont également souligné que l’urbanisation rapide, le manque de régulation et la faiblesse des politiques de préservation dans de nombreux pays africains accentuent cette vulnérabilité.

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De son côté, la secrétaire d’État kényane à la culture, Hanna Wendot Cheptumo, souligne la nécessité de partager les bonnes pratiques, de transférer les technologies et de responsabiliser les communautés locales. « Impliquer les populations locales dans la protection des sites patrimoniaux est essentiel. Cela permet non seulement de préserver les cultures, mais aussi de générer des revenus durables par le tourisme », affirme-t-elle. Cette conférence a été l’occasion pour l’organisation de préciser que sa simple reconnaissance d’un site ne suffit pas à le protéger. Ce sont les mesures concrètes de conservation, la vigilance des États et l’engagement des populations qui vont garantir la survie du patrimoine africain face aux crises contemporaines.

Des sites menacés à cause des conflits

L’Afrique, qui compte près de 9 % des sites classés au patrimoine mondial, voit aujourd’hui ces trésors menacés par des facteurs multiples. Les conflits armés restent une menace immédiate.

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Au Soudan, par exemple, les affrontements entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR) ont mis en péril plusieurs sites historiques, notamment les vestiges antiques de Naqa et Musawwarat es-Sufra, situés à proximité de l’île de Méroé. Ces sites, témoins du royaume antique de Koush, vieux de plus de 2 000 ans, sont exposés à des risques de vandalisme, de pillage et de destruction, selon les autorités locales.

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