La 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) s’est ouverte mercredi 11 février au siège de l’organisation panafricaine, dans la capitale éthiopienne. Pendant deux jours, les ministres des Affaires étrangères des États membres se penchent sur les priorités stratégiques du continent, avec en toile de
fond l’Agenda 2063, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et les modalités de financement du développement.
L’eau au cœur des priorités pour 2026
Placée sous le thème de l’année 2026 de l’UA, «Assurer une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063», la rencontre met en avant un enjeu jugé crucial pour l’avenir du continent.
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Dans son discours inaugural, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a insisté sur l’importance stratégique de l’eau, particulièrement dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique. Il a plaidé pour une gestion concertée de cette ressource, considérée non seulement comme un facteur de développement, mais aussi comme un instrument de coopération et de stabilité entre les États africains.
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Le chef de la Commission a également présenté l’état d’avancement des réformes institutionnelles engagées au sein de l’organisation, notamment la mise en œuvre du plan stratégique 2024-2028, destiné à renforcer l’efficacité et la cohérence de l’action de l’UA.
Préoccupations sécuritaires et signaux d’espoir
Au-delà des questions environnementales, les débats ont été marqués par les défis sécuritaires persistants sur le continent. Mahmoud Ali Youssouf a exprimé ses inquiétudes face aux crises politiques et aux menaces terroristes qui continuent d’affecter certaines régions, notamment le Sahel et la Corne de l’Afrique.
Il a toutefois relevé des évolutions positives, saluant le retour à l’ordre constitutionnel au Gabon et en Guinée, perçu comme un signal encourageant pour la consolidation des institutions démocratiques.
Accélérer la ZLECAf et repenser le financement du développement
Sur le plan économique, les discussions ont mis en lumière les avancées réalisées dans le cadre de la ZLECAf, projet phare d’intégration économique du continent. Pour le président de la Commission, l’heure est désormais à l’accélération, à travers la mise en place de mécanismes de financement innovants et une mobilisation accrue des acteurs privés et de la société civile.
Diplomatie active et unité face aux défis géopolitiques
Président en exercice du Conseil exécutif, le ministre angolais des Relations extérieures, Téte António, a mis en avant le rôle de l’Angola dans la promotion de la paix, de la sécurité et du développement, dans le cadre de sa présidence de l’UA. Cette dynamique diplomatique s’inscrit dans la perspective du sommet de l’Union prévu en 2026.
Le chef de la diplomatie éthiopienne, Gedion Timothewos, a pour sa part souligné les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et de la ZLECAf. Il a appelé les États membres à resserrer les rangs face aux mutations géopolitiques et aux changements anticonstitutionnels de gouvernement qui fragilisent certaines régions.