Tchad : Succès Masra suspend sa grève de la faim après une semaine

D’après ses avocats, le médecin personnel de l’opposant lui a recommandé de mettre fin à ce jeûne, compte tenu de la détérioration de son état de santé et de l’urgence d’un traitement médical indispensable.

L’opposant tchadien et ancien Premier ministre Succès Masra, détenu depuis la mi-mai, a mis un terme à sa grève de la faim après environ une semaine d’abstinence, ont annoncé ses avocats dans un communiqué publié lundi soir. « Physiquement affaibli mais mentalement déterminé, le président Masra suspend sa grève de la faim et se prépare pour la suite de la procédure judiciaire », indique le collectif d’avocats qui assure sa défense.

La décision de mettre fin à ce jeûne a été prise suite à une consultation médicale. Selon ses avocats, le médecin personnel de l’homme politique lui a vivement conseillé d’interrompre la grève, en raison de son état de santé fragile et de la nécessité de suivre un traitement médical urgent.

 

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Mobilisation de ses partisans à N’Djamena

Dans un geste de protestation spectaculaire, une vingtaine de femmes membres du parti d’opposition Les Transformateurs, formation dirigée par Succès Masra, ont manifesté en sous-vêtements samedi à N’Djamena pour réclamer sa libération. Cette action visait à attirer l’attention sur ce qu’elles considèrent comme une détention arbitraire de leur leader.

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Des accusations lourdes et controversées

Arrêté le 16 mai 2025, Succès Masra avait entamé sa grève de la faim une semaine plus tard, dénonçant des poursuites qu’il juge politiquement motivées. « En protestation contre les injustices injustement subies, j’entame une grève de la faim », écrivait-il dans une lettre transmise par ses avocats. Il fait face à de graves accusations, notamment incitation à la haine et à la révolte, complicité de bandes armées, complicité d’assassinat, incendie volontaire et profanation de sépultures.

Lire : Tchad : Succès Masra entame une grève de faim

La justice tchadienne relie ces accusations à un massacre survenu le 14 mai à Mandakao, dans le sud-ouest du pays, où 42 personnes (en majorité des femmes et des enfants) ont été tuées. Les autorités accusent Succès Masra d’avoir provoqué cet épisode tragique par l’une de ses déclarations publiques, bien que ses avocats dénoncent une instrumentalisation politique de l’affaire.

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