À pied ou à moto, les manifestants ont parcouru plusieurs kilomètres avant d’arriver à Abéché, leur point de ralliement.
Ce jeudi 5 décembre 2024, une manifestation de soutien au gouvernement a eu lieu à Abéché, chef-lieu de la province du Ouaddai, dans l’est du Tchad. Organisée par les autorités locales, elle a réuni des centaines de personnes sur la place de l’indépendance. Les manifestants, à pied ou à moto, ont défilé sur plusieurs kilomètres avant d’atteindre leur destination, brandissant des pancartes comme « Tchad Hourra, France barra » et « Oui à la rupture et au départ des forces françaises du Tchad ». Le maire d’Abéché, Mahamat Saleh Ahmat Adam, a salué cette mobilisation, la qualifiant d’« historique » et soulignant la solidarité de la population avec les autorités tchadiennes.

Abéché est la première ville à exprimer publiquement son soutien aux autorités. La ville abrite encore une base militaire française. Le 4 décembre, une Commission spéciale a été mise en place pour superviser la rupture de l’accord de coopération militaire entre le Tchad et la France. Placée sous l’autorité du Premier ministre Allamaye Halina, cette commission a pour mission de notifier officiellement la fin de l’accord et de préparer sa mise en œuvre. Elle est présidée par le ministre des Affaires étrangères et comprend plusieurs hauts responsables, avec un financement assuré par le budget de l’État.
Adoption de la résolution par le Conseil national de transition
Le 3 décembre, le Conseil national de transition (CNT) a adopté à une large majorité une résolution soutenant cette décision, qualifiée d’« historique et souveraine ». Le président du CNT, Dr Haroun Kabadi, a appelé à accélérer sa mise en œuvre.
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Le président Mahamat Idriss Deby Itno, lors d’un point de presse le 1er décembre, a affirmé que cette rupture était un « acte mûrement réfléchi » visant à « redéfinir les partenariats du Tchad selon ses priorités nationales » tout en respectant le processus de transition.
Contexte de la rupture de la coopération militaire avec la France
La coopération militaire entre le Tchad et la France, entamée dans les années 1960 et révisée en 2019, faisait l’objet de critiques croissantes. Le gouvernement tchadien précise que cette rupture ne remet pas en cause les relations amicales et historiques entre les deux pays, qui souhaitent maintenir des échanges dans d’autres domaines. Cette décision, prise le 28 novembre, survient dans un contexte de redéfinition de la présence militaire française en Afrique.
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Bien que Paris a pris acte de cette décision, la surprise a été grande après la visite de Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, au Tchad. Le pays, qui compte encore environ 1 000 soldats français sur son sol, entame ainsi une transition dans un contexte régional complexe marqué par d’importants enjeux sécuritaires.
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