Cette demande de peine s’inscrit dans la procédure judiciaire qui vise plusieurs chefs d’accusation, notamment l’incitation à la haine, à l’insurrection, et la complicité dans un homicide.
Lors du troisième jour du procès à N’Djamena, vendredi 9 août, le procureur général a sollicité une peine de 25 ans d’emprisonnement ferme contre Succès Masra, ancien Premier ministre et figure de l’opposition tchadienne. Cette réquisition intervient dans le cadre d’une affaire impliquant plusieurs chefs d’accusation, dont l’incitation à la haine, la révolte, ainsi que la complicité d’assassinat. « La condamnation à perpétuité n’étant pas envisageable dans ce cas, nous demandons 25 ans de prison ferme pour Masra et ses coaccusés », a déclaré Bruno Louapambe Mahouli, procureur général près de la cour d’appel.

Un procès à deux volets
L’affaire englobe deux dimensions distinctes. D’une part, celle concernant une soixantaine de prévenus accusés d’avoir pris part à un massacre survenu le 14 mai à Mandakao, dans le sud-ouest du pays ; d’autre part, le rôle présumé de Succès Masra, accusé d’avoir encouragé les violences. Selon les autorités judiciaires, 42 personnes, en grande majorité des femmes et des enfants, ont été tuées lors de ces événements.
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Arrêté deux jours après les faits, le leader du parti Les Transformateurs est poursuivi pour une série d’infractions graves : incitation à la haine et à la révolte, constitution de bandes armées, complicité d’assassinat, incendie volontaire et profanation de sépultures. L’accusation s’appuie notamment sur un enregistrement audio en langue ngambaye, attribué à Masra et datant de 2023, dans lequel il aurait appelé la population à apprendre à manier les armes, quel que soit le genre ou l’âge. En effet, ce message est présenté comme une incitation directe à l’insurrection.
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Succès Masra rejette en bloc les accusations
Lors de son audition jeudi, l’opposant, vêtu d’un habit traditionnel blanc, a affirmé son innocence déclarant que « vous avez devant vous un homme qui croit en la justice. Je ne reconnais aucun des faits qui me sont imputés ». Depuis son arrestation, il est détenu sans interruption. Il avait observé une grève de la faim de sept jours. Sa demande de libération provisoire, déposée en juin par ses avocats, a été rejetée. Le 8 août, la défense a dénoncé l’absence de preuves. « Aucune preuve concrète ne permet à ce jour d’établir un lien entre nos clients et la scène du crime », affirme-t-elle.
Notre Afrik avec AFP








