Dans son dernier bilan, OCHA indique que le nombre de morts est passé de 111 en 2024 à 136 en 2025, tandis que le nombre de blessés a augmenté de 88 à 166.
Depuis quelques mois, les violences intercommunautaires sont au cœur des préoccupations au Tchad. Les récents massacres, notamment celui de Mandakao, ont d’ailleurs conduit à l’arrestation de l’ancien Premier ministre et opposant, Succès Masra, accusé (mais démentant) d’avoir alimenté ces atrocités. C’est dans ce contexte que le Bureau des Nations Unies pour les affaires humanitaires (OCHA) a publié son dernier bilan.

Comparant les deux premiers semestres, OCHA observe une situation contrastée. Le nombre d’incidents est passé de 25 en 2024 à 26 en 2025, les victimes recensées sont nettement plus nombreuses cette année. Le nombre est de 136 morts contre 111 l’année dernière et il y a 166 blessés contre 88. Une nette recrudescence est notée entre le 14 mai et le 10 juin, où 85 personnes ont perdu la vie.
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Analyse des dynamiques conflictuelles
Sur les 25 conflits signalés début 2025, 52 % sont attribuables à des rivalités intercommunautaires, 24 % concernent des tensions entre agriculteurs et éleveurs et 24 % portent sur des disputes foncières. Géographiquement, 60 % des affrontements se concentrent dans les provinces méridionales, avec la région du Lac en tête (7 cas sur 25, soit 28 %).
Une réconciliation sur le terrain
Pour restaurer la paix, un accord de réconciliation a été signé le 5 juillet entre les communautés concernées (Peuls et Ngambayes), avec l’appui du gouvernement. Une commission de veille composée de leaders de ces communautés a été mise en place à Mandakao et dans le Mayo-Kebbi Ouest pour assurer la mise en œuvre du protocole.
Lire : Tchad : Succès Masra auditionné sur le massacre de Mandakao
Le chef du gouvernement a salué l’esprit de responsabilité et d’impartialité des leaders communautaires. Il a souligné l’engagement de son administration à éviter la répétition de tels conflits. « Les leaders Peulhs et Ngambayes viennent d’écrire une page d’histoire. Que cet accord de paix soit écrit non sur le papier, mais dans le cœur de chacun », déclare le chef du gouvernement. Le Premier ministre a officiellement reçu le protocole d’accord, signé par le député M’Baïhomdenade Dionadji Alain, des mains du chef de mission.








