Les principaux syndicats de magistrats du Tchad ont annoncé lundi avoir déposé une plainte contre le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Agkhabach.
La procédure a été engagée auprès du procureur général près la Cour d’appel de N’Djaména par le Syndicat des magistrats du Tchad et le Syndicat autonome des magistrats du Tchad.
Des propos jugés offensants envers la justice
Les deux organisations reprochent au ministre des déclarations tenues lors d’une réunion avec plusieurs maires de la capitale tchadienne.
Selon les syndicats, Ali Ahmat Agkhabach aurait qualifié les magistrats de «corrompus» tout en appelant certains responsables communaux à ignorer des décisions judiciaires liées à des affaires foncières.
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Ces propos, relayés sur les réseaux sociaux, ont provoqué une vive réaction au sein du corps judiciaire. Les magistrats dénoncent notamment des déclarations qu’ils jugent attentatoires à l’indépendance et à la crédibilité de la justice tchadienne.
Des accusations d’outrage et de diffamation
Dans leur plainte, les syndicats estiment que les propos du ministre pourraient constituer plusieurs infractions prévues par le Code pénal tchadien. Ils évoquent notamment des faits de diffamation, d’outrage envers un corps constitué ainsi qu’une atteinte au bon fonctionnement de l’institution judiciaire.
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Les responsables syndicaux demandent l’ouverture de poursuites judiciaires afin de préserver, selon eux, «la dignité, l’autorité et l’indépendance de la justice».
Un nouvel épisode de tensions institutionnelles
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre certaines autorités administratives et le pouvoir judiciaire au Tchad. Les questions liées au foncier et aux décisions de justice provoquent régulièrement des désaccords entre magistrats, collectivités locales et responsables gouvernementaux.
Pour l’heure, le ministre Ali Ahmat Agkhabach n’a pas publiquement réagi à cette plainte déposée par les organisations de magistrats.