Au pouvoir depuis 2019, le chef de l’État congolais achèvera théoriquement son second et dernier mandat en 2028, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.
Lors d’une prise de parole à Kinshasa, Félix Tshisekedi a affirmé ne pas avoir officiellement demandé
un troisième mandat, mais il a indiqué qu’il pourrait accepter si cette volonté émanait du peuple congolais.
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Le président a insisté sur le fait qu’une éventuelle modification constitutionnelle devrait passer par une consultation populaire, notamment à travers un référendum.
Selon lui, toute réforme des institutions ou de la Constitution devrait être décidée par les Congolais eux-mêmes et non imposée unilatéralement par le pouvoir.
La guerre dans l’est menace le calendrier électoral
Le chef de l’État s’est également exprimé sur la possibilité d’un report de l’élection présidentielle prévue en 2028, en raison de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
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Ces régions de l’est de la RD Congo sont en proie aux offensives du groupe armé M23, soutenu selon Kinshasa par le Rwanda voisin. Félix Tshisekedi a estimé qu’il serait difficile d’organiser des élections nationales tant que ces territoires resteront affectés par le conflit armé.
Il a affirmé que les élections ne pourraient pas se tenir sans la participation des populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, deux provinces stratégiques parmi les plus peuplées et les plus riches du pays.
Kinshasa accuse Kigali d’alimenter le conflit
Le président congolais a une nouvelle fois accusé le Rwanda d’être à l’origine de l’instabilité dans l’est de la RD Congo. Selon lui, la guerre a été “imposée” au pays par Kigali, dont les forces armées ont déjà été sanctionnées par les États-Unis pour leur soutien présumé au M23 et leur présence sur le territoire congolais.
Depuis plusieurs mois, les combats dans l’est du pays ont provoqué une importante crise humanitaire et accentué les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali.
L’opposition dénonce un “coup d’État constitutionnel”
Les déclarations du président interviennent dans un climat politique déjà tendu autour de la question constitutionnelle. Depuis 2024, plusieurs figures de l’opposition accusent Félix Tshisekedi de préparer une stratégie destinée à se maintenir au pouvoir au-delà de la limite fixée par la Constitution.
Pour ses adversaires politiques, toute tentative de modification constitutionnelle visant à prolonger son règne s’apparenterait à un “coup d’État constitutionnel”.
Une majorité parlementaire favorable au pouvoir
En République démocratique du Congo, une réforme constitutionnelle peut être soumise à référendum par le président ou adoptée par une majorité qualifiée du Parlement.
Or, la coalition présidentielle de l’Union sacrée dispose actuellement d’une large majorité au sein des institutions parlementaires, ce qui alimente les inquiétudes de l’opposition quant à une possible révision de la Constitution.
Les déclarations de Félix Tshisekedi relancent ainsi le débat sur l’avenir politique de la RD Congo, dans un contexte marqué à la fois par des tensions sécuritaires persistantes et par des interrogations sur le respect des règles démocratiques.
Notre Afrik avec AFP