Maurice Kamto est un juriste, universitaire et homme politique camerounais né le 15 février 1954 à Bafoussam. Professeur agrégé de droit public, ancien membre de la Commission du droit international des Nations Unies et ex-ministre délégué à la Justice, il est surtout connu depuis 2018 comme principal candidat de l’opposition à la présidentielle camerounaise et fondateur du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).
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Qui est Maurice Kamto ?
Maurice Kamto est l’une des figures juridiques les plus reconnues d’Afrique centrale. Né dans une famille modeste de Bafoussam, dans l’ouest du Cameroun, il construit une carrière qui mêle l’enseignement du droit, la pratique du droit international au plus haut niveau onusien et, à partir de 2011, un engagement politique d’opposition au régime de Paul Biya. Son surnom, Tagouborel, est celui sous lequel ses partisans le désignent couramment.
Il est marié à Suzanne Julie Fantchom Wega.
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Quel est son parcours de formation ?
Maurice Kamto débute ses études de droit à l’Université de Yaoundé, où il obtient une licence en droit public. Il poursuit ensuite en France, à l’Université de Nice, où il décroche en 1980 deux DEA : l’un en droit de la puissance publique (droit public fondamental), l’autre en droit international.
En 1982, il obtient le diplôme de l’Institut international d’administration publique (IIAP) de Paris. L’année suivante, en 1983, il soutient son doctorat en droit public à l’Université de Nice (aujourd’hui Université Nice-Sophia-Antipolis).
Son parcours académique se conclut en 1988 par deux distinctions simultanées : l’agrégation des facultés françaises de droit — concours particulièrement sélectif ouvrant les chaires universitaires dans toute l’Afrique francophone — et le prix de l’Académie des sciences d’outre-mer.
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Quelle est sa carrière universitaire ?
Après sa thèse en 1983, Kamto enseigne d’abord en France, puis rentre au Cameroun. Il dispense le droit public à l’Université de Yaoundé I, à l’Université de Yaoundé II et à l’Université de Ngaoundéré, ainsi qu’à l’IRIC (Institut des relations internationales du Cameroun) et à l’ENAM (École nationale d’administration et de magistrature). Il devient par la suite doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Yaoundé II.
Parallèlement, il publie dans des revues juridiques camerounaises dès les années 1990 — *Revue Juridique Africaine*, *Juridis* — et est l’auteur de l’ouvrage *L’urgence de la pensée*. Des universités africaines et occidentales font également appel à ses interventions.
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Quel est son rôle dans les institutions internationales ?
C’est sur la scène internationale que Kamto acquiert une stature particulière. Le 10 décembre 1997, il s’inscrit au barreau, portant la toge d’avocat. En 1998, il participe en tant que membre du comité de rédaction à la Conférence diplomatique de Rome qui aboutit à la création de la Cour pénale internationale (CPI).
Il représente également le Cameroun devant la Cour internationale de justice (CIJ) dans le contentieux frontalier qui l’oppose au Nigeria. Désigné par le président Paul Biya comme chef de la délégation camerounaise dans la commission mixte Cameroun-Nigeria-ONU sur le dossier de la péninsule de Bakassi, il signe le retrait effectif des troupes nigérianes à la suite de l’Accord de Greentree.
De 1999 à 2016, il siège à la Commission du droit international (CDI) des Nations Unies. Selon certaines sources, il en assure la présidence entre 2001 et 2012, bien que la durée exacte de ce mandat ne soit pas confirmée de façon concordante par l’ensemble des documents disponibles.
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Quel rôle joue-t-il au sein du gouvernement Biya avant de rompre ?
Le 8 décembre 2004, Maurice Kamto est nommé ministre délégué auprès du ministre de la Justice. Il occupe ce poste sous les Premiers ministres Éphraïm Inoni puis Philémon Yang.
En novembre 2011, il démissionne du gouvernement — rupture qui marque le début de son engagement dans l’opposition et aboutit à la création du MRC.
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La présidentielle de 2018 et l’arrestation de janvier 2019
Le 22 juin 2012, Kamto prend officiellement la tête du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), qu’il a fondé après sa démission. Le lancement public du parti avait pourtant été interdit par le gouvernement dès le 13 août 2012.
En 2018, il se présente à l’élection présidentielle sous l’étiquette MRC. La Cour Suprême le déclare deuxième avec 14 % des voix officielles. Kamto conteste les résultats, dénonçant un processus frauduleux devant des juges appartenant au parti au pouvoir (RDPC), et s’autoproclamant vainqueur réel du scrutin. Aucun rapport d’observateurs internationaux indépendants sur cette élection ne figure dans les sources disponibles.
Le 26 janvier 2019, il est arrêté avec environ 200 de ses partisans et incarcéré à la prison de haute sécurité de Kondengui, à Yaoundé. Il est libéré le 5 octobre 2019, au lendemain de la clôture du Grand Dialogue National, par décision du président Biya. Cette séquence — arrestation de masse, détention prolongée, libération conditionnée à un dialogue politique que l’opposition n’avait pas appelé de ses vœux — reste l’un des épisodes les plus documentés de la confrontation entre Kamto et le pouvoir en place.
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La disqualification de 2025 et la tentative via le MANIDEM
En 2025, Kamto dépose une candidature pour l’élection présidentielle. Le 26 juillet, ELECAM (Elections Cameroon) le disqualifie : le MRC ayant boycotté les élections législatives et municipales de 2020, le parti est jugé inéligible à présenter un candidat présidentiel selon la législation en vigueur.
Kamto tente alors de se présenter sous l’étiquette MANIDEM, un autre parti. Cette démarche génère un litige interne : un candidat issu d’une faction dissidente s’enregistre également sous ce nom, et le président du MANIDEM, Anicet Ekane, intervient dans le différend. Les détails de cette procédure restent partiellement documentés dans les sources disponibles.
En octobre 2021, Kamto avait déclaré : *« Je ne suis pas sûr qu’attendre après Biya mène à un changement au Cameroun »* — formule qui résume son positionnement de rupture avec les stratégies attentistes de l’opposition traditionnelle.
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Questions fréquentes
Quel est l’âge de Maurice Kamto ? Né le 15 février 1954 à Bafoussam, Maurice Kamto a 71 ans en 2025.
Quelle université a fréquenté Maurice Kamto ? Il a fait sa licence à l’Université de Yaoundé, puis ses DEA, son doctorat (1983) et son agrégation à l’Université de Nice, en France. Il a également été diplômé de l’Institut international d’administration publique (IIAP) de Paris en 1982.
Qu’est-ce que le MRC, le parti de Kamto ? Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) est le parti fondé par Maurice Kamto après sa démission du gouvernement en novembre 2011. Sa prise de tête officielle date du 22 juin 2012.
Pourquoi Kamto a-t-il été arrêté en 2019 ? Il a été arrêté le 26 janvier 2019, avec environ 200 partisans, après avoir contesté les résultats de la présidentielle de 2018 et s’être autoproclamé vainqueur. Il a été libéré le 5 octobre 2019 sur décision du président Biya.
Kamto est-il candidat à la présidentielle de 2025 ? Il a déposé une candidature, mais ELECAM l’a disqualifié le 26 juillet 2025 au motif que le MRC avait boycotté les élections de 2020. Il a ensuite tenté de concourir sous l’étiquette MANIDEM, avec un litige juridique en cours sur cette démarche.





