Chahana Takiou a été placé en détention provisoire à Bamako après avoir tenu des propos critiques à l’égard des autorités de transition lors d’un forum consacré aux médias.
Son arrestation intervient dans un contexte de tensions persistantes autour de la liberté de la presse au Mali. Directeur de publication du bihebdomadaire 22 Septembre, Chahana Takiou avait été convoqué lundi par le pôle spécialisé dans la lutte contre la cybercriminalité. À l’issue de son audition, il a été placé sous mandat de dépôt pour «atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire», selon des sources judiciaires. Son procès est annoncé pour le 27 juillet prochain.
Des déclarations qui ont provoqué la polémique
L’affaire trouve son origine dans une intervention du journaliste lors du Forum panafricain des médias, organisé à Bamako du 3 au 6 juin. Devant plusieurs professionnels de l’information et des représentants de la justice, il avait dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation abusive de la législation sur la cybercriminalité contre les journalistes.

«Il n’y a aucune dynamique de paix au Mali», avait notamment déclaré Chahana Takiou, estimant que les professionnels des médias poursuivis devraient être jugés dans le cadre des lois régissant la presse plutôt qu’au titre de la cybercriminalité.
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Présent dans la salle, le procureur Idrissa Hamidou Touré lui avait répondu publiquement, affirmant qu’il pouvait ordonner son arrestation. L’échange, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, a rapidement suscité de nombreuses réactions.
Un climat de plus en plus tendu pour les médias
Depuis leur arrivée au pouvoir à la suite du coup d’État de 2020, les autorités de transition ont multiplié les mesures visant les opposants et les voix critiques. Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un rétrécissement de l’espace civique et des restrictions croissantes à la liberté d’expression.
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Lors du même forum, Chahana Takiou avait également contesté la notion de «narratif souverain africain», affirmant que le journalisme obéissait aux mêmes principes partout dans le monde. Ces propos avaient été salués par une partie de l’assistance.
Les inquiétudes des défenseurs de la liberté de la presse
L’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières a réagi en estimant que le journaliste avait simplement exprimé une analyse critique sur le traitement judiciaire réservé aux professionnels des médias dans le pays.
Selon le classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF en 2026, le Mali occupe la 121e place sur 180 pays. Cette affaire intervient alors que le pays reste confronté à une crise sécuritaire persistante, marquée par les attaques de groupes jihadistes et les défis liés à la stabilité politique et institutionnelle.
Notre Afrik avec AFP








