Lors de sa première prise de parole officielle depuis l’élection présidentielle du 28 décembre, le chef de l’État élu a invité les Guinéens à s’engager en faveur d’une indépendance politique et économique renforcée.
Au lendemain de la validation de sa victoire par la Cour suprême, Mamadi Doumbouya s’est adressé dimanche soir à la nation. Dans ce premier message officiel après la présidentielle du 28 décembre, le président élu a exhorté les Guinéens à œuvrer pour une souveraineté à la fois politique et économique. Depuis le palais présidentiel de Conakry, il a invité l’ensemble des citoyens, qu’ils vivent au pays ou à l’étranger, à unir leurs forces pour construire une Guinée renouvelée, fondée sur la paix, la justice et une prospérité partagée. Élu pour un mandat de sept ans, le général a insisté sur la nécessité d’assumer pleinement l’indépendance du pays dans ses choix stratégiques.

«Une seule Guinée, un seul peuple»
Se félicitant du déroulement du scrutin, Mamadi Doumbouya a remercié les acteurs impliqués et mis en avant ce qu’il considère comme une preuve de maturité démocratique. Selon lui, cette élection ne laisse place ni à des vainqueurs ni à des vaincus, mais consacre l’unité nationale. Il a réaffirmé sa volonté de dialoguer avec tous les Guinéens afin de jeter les bases d’un avenir commun plus stable et prospère.
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La Cour suprême a proclamé la victoire du général dès le premier tour. Selon les chiffres définitifs annoncés par son président, Fodé Bangoura, Mamadi Doumbouya, candidat indépendant, a recueilli 86,72 % des suffrages exprimés. Loin derrière, Abdoulaye Yéro Baldé, leader du Front démocratique de Guinée, arrive en deuxième position avec 6,59 % des voix, un score identique à celui des résultats provisoires.
Une transition aux contours flous
Bien qu’il se soit engagé, à l’origine, à restituer le pouvoir aux civils à l’issue de la transition, Mamadi Doumbouya a finalement pris part à cette présidentielle, organisée sans véritable campagne électorale et sans concurrents de poids. Ce scrutin est présenté par les autorités comme l’ultime étape du retour à l’ordre constitutionnel, quatre ans après l’arrivée des militaires à la tête du pays.
Une opposition marginalisée
Face à huit candidats peu connus du grand public, le général Doumbouya avait promis la paix et la stabilité aux quelque 13 millions de Guinéens. L’opposition, elle, a appelé au boycott, dénonçant une consultation qu’elle qualifie de parodie démocratique. Les anciens poids lourds de la scène politique, dont Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, tous en exil, n’ont pas été autorisés à se présenter.
Une image présidentielle soigneusement travaillée
À l’approche du scrutin, Mamadi Doumbouya s’est montré en tenue civile lors de ses rares apparitions publiques, rompant avec son habituel uniforme militaire. Il restait toutefois entouré de membres du Groupement des forces spéciales, unité dont il est issu et avec laquelle il avait pris le contrôle du palais présidentiel en septembre 2021.
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Peu après l’annonce officielle des résultats, les États-Unis ont adressé leurs félicitations au président élu. Dans un communiqué diffusé par l’ambassade américaine en Guinée, Washington a exprimé sa volonté de renforcer la coopération bilatérale et de promouvoir la stabilité ainsi que le développement économique au bénéfice des deux nations.
Une victoire électorale largement contestée
Ce scrutin, marqué par l’absence de figures majeures de l’opposition, s’est tenu dans un climat de restrictions des libertés publiques. Plusieurs leaders politiques, contraints à l’exil, avaient été exclus de la course. À l’issue de cette élection controversée, Mamadi Doumbouya consolide son pouvoir, lui qui dirige la Guinée depuis le coup d’État de septembre 2021 ayant renversé l’ancien président Alpha Condé. Le chef de l’État élu a néanmoins salué un processus qu’il estime conforme aux règles institutionnelles, affirmant que les missions d’observation internationales avaient reconnu le caractère pacifique du vote.
Notre Afrik avec AFP








