Alors qu’une grève des enseignants perturbe le système éducatif depuis plus d’un mois, le chef de l’État gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est rendu lundi 9 février dans deux lycées publics de Libreville dans l’espoir de favoriser une reprise rapide des enseignements.
Cette crise sociale est la plus importante qu’ait connue le secteur depuis celle de 2022. Elle est survenue
à la fin du régime d’Ali Bongo, renversé par un coup d’État conduit par le général Oligui Nguema en août 2023.
Un message d’empathie adressé aux enseignants
Lors de sa visite, le président a tenu à se montrer à l’écoute du corps enseignant. « Je suis moi-même fils d’enseignant, je connais vos réalités. Je m’engage à prendre vos difficultés à bras-le-corps et à y apporter des solutions de manière progressive et méthodique », a-t-il déclaré, selon des propos relayés par la presse locale.
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Des établissements visités, mais des classes toujours désertes
Brice Clotaire Oligui Nguema a assisté à la traditionnelle levée des couleurs au lycée Omar Bongo, puis au lycée Léon Mba, avant de s’adresser aux élèves et enseignants présents. Cependant, dans plusieurs autres établissements publics de la capitale, de nombreuses salles de classe sont restées vides ce même jour, selon des sources concordantes.
Des pressions dénoncées par les grévistes
Parallèlement à cette démarche présidentielle, des enseignants en grève affirment subir des pressions de la part du ministère de l’Éducation nationale pour mettre fin au mouvement. Un professeur, s’exprimant sous anonymat, a confirmé ces pratiques à l’AFP.
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Au lycée Léon Mba, des notes administratives affichées évoquent notamment des contrôles de présence des enseignants et des élèves afin de garantir une «reprise effective des cours».
Un climat social tendu depuis les arrestations de syndicalistes
En janvier, l’interpellation de deux figures du collectif SOS Éducation, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, avait exacerbé les tensions. Leur remise en liberté une semaine plus tard n’a toutefois pas suffi à apaiser la colère des enseignants.
Réunis au sein du collectif SOS Éducation depuis début décembre, les enseignants dénoncent une précarisation croissante liée au gel des salaires depuis près de dix ans. Selon Junior Anguila Obame, professeur de français à Libreville et membre du collectif, le mouvement de grève s’est rapidement étendu à l’ensemble du pays.
Un instituteur débutant perçoit environ 350.000 francs CFA par mois (environ 530 euros), un revenu jugé insuffisant face au coût élevé de la vie et à une inflation moyenne annuelle de 2,6 % entre 2016 et 2024.
Un accord jugé insuffisant par les enseignants
Le 19 janvier, un accord signé entre le gouvernement et les syndicats prévoit la régularisation administrative de 4.000 enseignants d’ici le 25 février, sur un effectif estimé à au moins 16.000 enseignants à l’échelle nationale, selon le Syndicat national de l’éducation nationale (SENA).
Estimant ces mesures largement insuffisantes, les membres du collectif SOS Éducation ont décidé de maintenir la grève.
Notre Afrik avec AFP