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Ebola RDC : 2 325 morts, pire épidémie du pays selon l’OMS

Centre de traitement Ebola : la RDC connaît l'épidémie la plus meurtrière de son histoire

L’épidémie d’Ebola déclarée le 15 mai 2026 en RDC a fait 2 325 morts sur 4 945 cas confirmés, selon les données publiées le dimanche 16 août par les autorités congolaises. Elle dépasse ainsi la flambée de 2018-2020 dans l’est du pays — 2 299 morts pour 3 381 cas confirmés selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) — et devient la plus meurtrière de l’histoire de la République démocratique du Congo.

Il aura fallu trois mois. Le chef des affaires humanitaires des Nations unies résume la situation d’une formule : l’épidémie « est la plus rapide jamais enregistrée » et « tue une personne toutes les 30 minutes ».

Ebola en RDC : un record de morts, pas de virulence

Un point technique doit être posé, car il change la nature du constat. L’épidémie actuelle tue davantage en valeur absolue, mais elle tue moins par malade.

En 2018-2020, 2 299 décès pour 3 381 cas confirmés donnaient une létalité proche de 68 %. Aujourd’hui, 2 325 décès pour 4 945 cas correspondent à un taux d’environ 47 %. Cette flambée n’est donc pas plus foudroyante individuellement : elle est infiniment plus large. Le record découle du nombre de personnes atteintes, non d’une virulence accrue du virus.

La comparaison établie par l’agence de santé de l’Union africaine (Africa CDC) donne l’échelle : en trois mois, sept fois plus de cas et cinq fois plus de morts ont été recensés en RDC que durant les trois premiers mois de l’épidémie ouest-africaine de 2014, la plus importante jamais enregistrée.

L’accélération est le véritable sujet

Il avait fallu environ neuf semaines pour atteindre le millier de décès, franchi le 22 juillet. Trois semaines ont suffi pour le millier suivant.

Julien Harneis, coordinateur principal des Nations unies pour Ebola, relevait au franchissement des 2 000 décès que la moitié d’entre eux étaient survenus au cours des vingt derniers jours.

Pourquoi celle-ci échappe au contrôle

Trois facteurs distinguent cette flambée des précédentes.

Le premier est virologique, et il est décisif : aucun vaccin ni traitement spécifique n’est disponible contre le variant Bundibugyo en cause. Les vaccins existants et les anticorps monoclonaux développés à Kinshasa ciblent la souche Zaïre — celle qui avait permis, en 2025, de circonscrire l’épidémie du Kasaï à 64 cas et 45 décès.

Le deuxième est le retard de détection. L’épidémie a été déclarée le 15 mai mais circulait depuis plusieurs semaines, les premiers tests utilisés ne détectant que l’ébolavirus Zaïre.

Le troisième est géographique et sécuritaire. Partie de l’Ituri, la flambée s’est étendue à six provinces d’un pays de plus de 100 millions d’habitants, dans des régions du nord et de l’est où la présence de l’État est fragile, les infrastructures sanitaires démunies et les flux de population largement hors de portée de la surveillance. Elle a atteint Goma, puis l’Ouganda voisin.

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés du 6 août documentait déjà la contamination d’au moins cinq des soixante-neuf sites de déplacés de l’Ituri — des lieux où la densité, la promiscuité et la mobilité rendent l’isolement des cas pratiquement impossible.

Ce que cette épidémie dit du dispositif continental

La séquence met en évidence une dépendance rarement discutée : la réponse africaine à Ebola s’est construite autour d’une seule souche. Vaccins, anticorps monoclonaux, protocoles de test, chaînes logistiques — l’ensemble du dispositif validé au fil des dix-sept épidémies congolaises vise l’ébolavirus Zaïre.

Face au variant Bundibugyo, cet arsenal ne s’applique pas. Les équipes en sont réduites aux mesures qui prévalaient avant l’ère vaccinale : isolement, traçage des contacts, prise en charge symptomatique. C’est précisément ce qui explique qu’une flambée moins létale par patient produise un bilan supérieur à toutes les précédentes.

Le financement de la riposte régionale est traité dans notre article sur les 13 millions de dollars mobilisés par la Banque africaine de développement pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud. Les bulletins de situation sont publiés par l’Organisation mondiale de la santé.

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