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Ebola en RDC : 1 405 morts, la guerre bloque la riposte

Soignante en équipement de protection dans une unité de traitement Ebola

Au 25 juillet 2026, la République démocratique du Congo comptabilisait environ 3 200 cas confirmés et 1 405 décès depuis la déclaration de sa dix-septième épidémie d’Ebola, le 15 mai. La progression est la plus rapide jamais enregistrée dans le pays. Le virus circule dans cinq provinces de l’Est, toutes situées dans des zones où opèrent des groupes armés — et l’OMS estime que l’ampleur réelle pourrait dépasser les chiffres officiels.

Mille cas de plus en dix jours

Les données du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) arrêtées au 25 juillet font état d’environ 3 200 cas confirmés et 1 405 décès, soit un taux de létalité de 43,9 %. À cette date, 773 patients étaient isolés ou hospitalisés et 571 personnes rétablies. Le rythme est le point critique : le seuil des 2 000 cas avait été franchi le 15 juillet. Un millier de cas supplémentaires ont donc été recensés en dix jours, et l’épidémie s’approche du bilan de la dixième flambée, la plus importante jamais enregistrée dans le pays.

L’OMS a averti que l’ampleur réelle pourrait dépasser de deux à quatre fois les estimations officielles. Une proportion élevée des nouveaux cas relève de chaînes de transmission inconnues, ce qui signifie que la surveillance ne parvient pas à remonter l’origine des contaminations. Ces chiffres ont une date de coupure précise et évoluent rapidement.

Un virus sans vaccin homologué

L’agent en cause est l’ébolavirus Bundibugyo, moins courant que la souche Zaïre responsable des précédentes épidémies congolaises majeures. Il n’existe ni vaccin ni traitement homologué contre cette souche. Un premier volontaire a reçu un vaccin expérimental ciblant spécifiquement Bundibugyo, selon l’Université d’Oxford, et d’autres candidats sont en développement accéléré — mais aucun n’est disponible pour la riposte en cours.

Cette absence de contre-mesure médicale change la nature de la réponse. Face à la souche Zaïre, la vaccination en anneau permettait de circonscrire les foyers. Ici, tout repose sur la détection, l’isolement, le traçage des contacts et la prise en charge précoce — c’est-à-dire sur des opérations de terrain qui supposent d’accéder physiquement aux populations.

Là où la riposte bute sur le conflit

C’est précisément cet accès que le contexte sécuritaire interdit. Les cinq provinces touchées — Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uele et Tshopo — se situent toutes dans la région où opèrent des dizaines de groupes armés. L’Ituri concentre l’essentiel des cas, la cité minière de Mongbwalu étant considérée comme le point de départ de l’épidémie. Le virus a aussi été détecté dans des zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dont de larges pans échappent au contrôle de Kinshasa.

Au moins douze attaques ont été recensées contre des établissements et des équipes de santé depuis la déclaration de l’épidémie, principalement alimentées par le scepticisme et les rumeurs. Parallèlement, de nombreux soignants ont débrayé pour protester contre le non-paiement de leurs salaires, une grève ayant notamment touché Bunia, dans la province la plus affectée. Une équipe qui ne peut pas circuler ne trace pas de contacts ; un soignant non payé ne se présente pas dans un centre de traitement à haut risque. Ces deux facteurs, additionnés, expliquent mieux la létalité que les caractéristiques du virus lui-même.

Ce que le chiffre de la létalité raconte

Une létalité de 43,9 % se situe dans la fourchette haute connue pour Bundibugyo. Mais elle mesure d’abord la précocité de la prise en charge : un patient admis dans les premiers jours de symptômes survit bien plus souvent qu’un patient admis tardivement, ou jamais admis. Dans un territoire où les déplacements sont dangereux, où les établissements de santé sont attaqués et où la défiance est nourrie par des rumeurs, le retard de prise en charge est structurel.

L’Ituri est par ailleurs une plaque tournante commerciale et migratoire, ce qui accroît le risque de diffusion régionale : des cas importés ont été confirmés à Kampala, en Ouganda, où la réponse a permis de contenir la propagation. L’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai 2026, et la Croix-Rouge estime que l’épidémie n’a pas atteint son pic et pourrait durer un an. La priorité immédiate ne relève pas seulement des centres de traitement : elle exige des corridors sanitaires négociés avec toutes les parties, le paiement des équipes et le maintien des laboratoires mobiles. Tant que les combats empêchent de retrouver un contact, d’acheminer un échantillon ou d’enterrer un défunt sans risque, le virus conservera un avantage opérationnel.

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