Cameroun : Emmanuel Macron reconnaît une « guerre » menée par la France avant et après 1960

Cameroun : Emmanuel Macron reconnaît une « guerre » menée par la France avant et après 1960

Cette admission fait suite aux conclusions de la Commission franco-camerounaise sur la répression des mouvements indépendantistes (1945-1971), rendues en janvier.

Dans une lettre adressée au président Paul Biya et rendue publique ce mardi 12 août, Emmanuel Macron admet pour la première fois que la France a mené une « guerre » contre des mouvements indépendantistes au Cameroun, avant et après l’indépendance de 1960.

Cameroun : Emmanuel Macron reconnaît une « guerre » menée par la France avant et après 1960
remise des travaux de la Commission mixte franco-camerounaise

Une reconnaissance officielle inédite

Cette déclaration fait suite aux travaux de la Commission mixte franco-camerounaise sur le rôle de la France dans la lutte contre les mouvements indépendantistes entre 1945 et 1971, remis en janvier dernier. Emmanuel Macron souligne dans son courrier que les historiens ont « clairement fait ressortir qu’une guerre avait eu lieu au Cameroun », au cours de laquelle les autorités coloniales françaises ont exercé « des violences répressives de nature multiple ». « Il me revient d’assumer aujourd’hui le rôle et la responsabilité de la France dans ces événements », écrit-il à Paul Biya.

Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité
Téléchargez l’application pour ne rien rater de l’actualité

La lettre mentionne plusieurs épisodes emblématiques de cette guerre longtemps tue. Parmi elles, le massacre d’Ekité, le 31 décembre 1956, ou encore les assassinats de figures de la lutte indépendantiste comme Ruben Um Nyobè (1958), Isaac Nyobè Pandjock, Paul Momo et Jérémie Ndéléné (1960), tous tués lors d’opérations menées sous commandement français.

📣 Ne manquez plus rien de l’actualité africaine en direct sur notre chaîne WHATSAPP

Concernant Félix-Roland Moumié, empoisonné à Genève en 1960, le président français admet que « l’absence d’éléments suffisants dans les archives françaises » et la clôture du dossier par la justice suisse n’ont « pas permis d’apporter un nouvel éclairage » sur les responsabilités dans sa mort. « La quête de vérité historique initiée par la Commission doit aujourd’hui se poursuivre », affirme Emmanuel Macron.

Des archives bientôt plus accessibles

Dans un geste de transparence, Emmanuel Macron annonce que les archives de la Commission seront centralisées aux Archives nationales de France. Un guide numérique destiné aux chercheurs sera également mis à disposition. Le président français appelle également à renforcer la coopération entre les deux pays dans les domaines de la recherche, de l’enseignement supérieur et de la culture, autour de la mémoire de la décolonisation.

Lire : Politique : la France met fin à l’exemption de visa pour les diplomates algériens

La lettre propose également la création d’un groupe de travail bilatéral chargé de suivre les recommandations du rapport. Emmanuel Macron encourage aussi la création artistique comme moyen de « réconciliation ».

Abonnez vous à notre newsletter

Articles similaires

Get the app