Celui qui était jusqu’ici ministre de l’économie dans le gouvernement sortant vient d’être élu président de l’Assemblée nationale. Il retrouve une position qu’il a quitté en 2009.
Vital Kamarhe est élu ce mercredi 22 mai président de l’Assemblé nationale en République Démocratique du Congo. Une élection qu’il remporte avec 371 voix des 407 votes. Dans sa nouvelle tâche, il est secondé par Jean-Claude Tshilumbay de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Christophe Mboso est le 2e vice-président de ce bureau et Jacque Djoli est rapporteur. Les intendants sont Dominique Munongo d’Ensemble pour la République et Grace Neema.
Ancien secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) il devient le directeur de campagne du président Joseph Kabila lors des élections de 2006.
Le perchoir, une position qu’il connaît deja
Vital Kamerhe est ainsi de retour dans une maison qu’il connaît bien puisqu’il l’a dirigée entre 2006 et 2009 avant d’être poussé à la démission. Sa disgrâce était en partie due au fait qu’il avait critiqué les opérations militaires conjointes des armées congolaise et rwandaise contre les milices dans l’Est de la RDC. Ses critiques lui avaient valu le désaveu de la majorité présidentielle à laquelle il appartenait. Il lance alors en décembre 2010 son propre parti politique, l’Union pour la nation congolaise (UNC) et se porte candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011 où il obtient 7,74% des voix.
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Né le 4 mars 1959 dans la province du Kivu, Vital Kamerhe de son vrai nom Lwa Kanyiginyi Nkingi est le fils de Constantin Kamerhe Kanyiginyi et d’Alphonsine Nemberwa Mwankingi. L’originaire shi de Walungu dans la province du Sud-Kivu est père de 14 enfants qu’il a de ses deux unions avec Mamick Boji, fille d’un ancien dignitaire de Bukavu et Amida, son actuel épouse. Multilingue, Kamerhe maîtrise le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba, les quatre langues nationales du Congo. Il s’exprime aussi dans certaines langues étrangères. Celui qui a fait ses études primaires à Bukavu puis à Goma dans la province du Kivu va les poursuivre au Kasaï-Oriental à Ngandajika où il finit son école primaire. De 1973 à1975 il fréquente l’Institut Sadisana (ancien collège Saint-François-Xavier) à Kikwit Sacré-Cœur, dans la province du Bandundu.
L’économisme à la politique chevillée au corps
En 1980, il s’inscrit à l’université de Kinshasa. Sept ans plus tard, il obtient un diplôme de licence en Sciences économiques. De 1987 à 1995, il est assistant chargé des cours à la faculté des Sciences économiques à l’Université de Kinshasa, sous la supervision du professeur Nyembo. Après 10 ans comme assistant, il fait ses premiers pas en politique à l’Union pour la démocratie et le progrès social en 1984. Dès la fin de ses études, Vital Kamerhe rejoint les sphères mobutistes comme coordonnateur de la Cellule d’études de planification de l’Enseignement supérieur et universitaire de 1988 à 1989. Avec la fin de la deuxième République en avril 1990, il reste dans le camp au pouvoir et fait ses premiers pas politiques au sein de l’UDPS.
De 1991 à 1992, quatre premiers ministres se succèdent au gouvernement zaïrois. Vital Kamerhe occupe quelques postes de manière plus ou moins éphémère selon la rapidité de succession des premiers ministres. C’est durant cette période qu’il abandonne son Lwa Kanyiginyi Nkingi « pour des raisons médiatiques ». En 1992, il devient conseiller au ministère des Mines sous le gouvernement de Jean Nguza Karl-I-Bond avant d’être conseiller financier au ministère des Postes, Téléphones et Télécommunication, tout en assumant la fonction de directeur des études de la Chambre de commerce franco-zaïroise.
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Le 20 juin 2020, le Président de l’UNC est reconnu coupable d’avoir détourné 50 millions de dollars. L’argent destiné à la construction de maisons préfabriquées pour des militaires et des policiers. Il est alors condamné à vingt ans de prison pour détournement. En 2021, sa peine est réduite à treize ans de réclusion. Remis en liberté provisoire en décembre la même année, il est de nouveau jugé le 23 juin 2022, et cette fois, il est libéré. Après une traversée du désert, il est nommé vice-Premier ministre, chargé de l’Économie nationale, par le président Felix Tshisekedi en mars 2023. Cette nomination marque alors son grand retour dans la vie politique congolaise. L’ancien nouveau président de l’Assemblée nationale retrouve une position qu’il connait bien.
Sonia Feugap
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