Le pays dirigé par Bassirou Diomaye Faye a réussi à lever 405 milliards FCFA sur le marché financier régional, soit près de trois fois l’objectif initial, en dépit de la dégradation de sa note souveraine.

Un emprunt obligataire qui dépasse les attentes
Le 27 mars 2023, le Trésor public sénégalais lançait un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE), avec pour objectif de mobiliser 150 milliards FCFA. L’opération a connu un succès retentissant. En effet , clôturée de manière anticipée, elle a attiré 405 milliards FCFA de souscriptions près de trois fois le montant escompté.
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Ce succès s’explique notamment par les rendements attractifs proposés, oscillant entre 6,40 % et 6,95 % selon la maturité des titres, mais également par la cotation prévue à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), garantissant une liquidité accrue aux investisseurs. Cette dynamique illustre l’attractivité constante du Sénégal sur le marché régional.
Un contexte budgétaire délicat
Ce regain d’intérêt survient pourtant dans un contexte économique complexe. La dette publique sénégalaise représente désormais 99,67 % du PIB et le déficit budgétaire s’est établi à 12,3 % en 2023, selon la Cour des comptes. Ces indicateurs ont conduit Moody’s et Standard & Poor’s à abaisser les notes souveraines du pays à B3 et B respectivement.
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Mais loin d’effrayer les investisseurs, ces données semblent renforcer leur intérêt pour les titres sénégalais, perçus comme des placements à fort potentiel dans un environnement régional globalement stable. Depuis le début de l’année 2023, le Sénégal a déjà levé plus de 361 milliards FCFA sur le marché des titres publics, et prévoit une nouvelle émission de 90 milliards FCFA pour le 14 avril.