Ces professionnels des médias ont été arrêtés pour avoir couvert la répression exercée par le gouvernement.
Le 24 mars 2025, les militaires au pouvoir au Burkina Faso ont arrêté trois journalistes pour avoir couvert la répression exercée par le gouvernement contre les médias. Human Rights Watch confirme l’arrestation de Guezouma Sanogo et Boukari Ouoba, respectivement président et vice-président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), ainsi que Luc Pagbelguem, journaliste à la chaîne BF1. Les autorités ont arrêté ces trois hommes à Ouagadougou, mais leur lieu de détention demeure inconnu, ce qui alimente les préoccupations concernant des disparitions forcées.

Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch, exprime des inquiétudes sur cette arrestation arbitraire et souligne que les autorités cherchent à contrôler l’information et à garantir l’impunité pour les abus qu’elles commettent. Elle exige la libération immédiate des journalistes.

Contexte de la répression et détention arbitraire
L’arrestation de ces trois journalistes fait suite à une conférence de presse organisée le 21 mars par l’AJB, au cours de laquelle l’association avait dénoncé les restrictions imposées à la liberté d’expression et demandé la libération des journalistes détenus sans raison. Trois jours plus tard, des hommes en civil, prétendant être des policiers, ont arrêté Guezouma Sanogo et Boukari Ouoba, tandis que Luc Pagbelguem a été interpellé pour avoir couvert cette conférence.
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Le 25 mars, des agents des services de renseignement ont emmené les deux premiers journalistes à leurs domiciles pour effectuer des recherches, avant de les transférer à nouveau dans un lieu inconnu. Quant à Luc Pagbelguem, la chaîne BF1 déclare que des agents du Conseil national de sécurité avaient indiqué qu’ils souhaitaient seulement entendre le journaliste, mais son emplacement reste inconnu.
Des arrestations additionnelles
La répression ne se limite pas à ces trois journalistes. Le 18 mars, Idrissa Barry, un militant politique et journaliste, a également été arrêté par des hommes prétendant être des gendarmes. Le journaliste, membre du groupe politique Servir et Non se Servir (SENS), avait récemment dénoncé les attaques contre les civils dans l’ouest du Burkina Faso. Comme pour les autres, le lieu de sa détention reste inconnu.
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Face à la répression, de nombreux journalistes ont été contraints de fuir le pays, craignant l’emprisonnement, la torture, les disparitions forcées et l’enrôlement militaire. Un journaliste qui a fui Ouagadougou déclare à Human Rights Watch que « les médias libres sont morts dans ce pays ; tout ce qu’on entend, c’est la propagande du gouvernement ».