Afrique subsaharienne : plus de 79 millions de femmes et filles victimes de violences sexuelles

D’après l’Agence onusienne pour l’enfance, une personne sur cinq a subi une agression ou un viol avant ses 18 ans dans cette zone.

Plus de 79 millions de femmes et de filles en Afrique subsaharienne ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles, faisant de cette région l’une des plus touchées par ces actes de violence, selon des données inédites publiées jeudi par l’Unicef. D’après l’Agence onusienne pour l’enfance, une femme sur cinq a subi une agression sexuelle ou un viol avant ses 18 ans dans cette zone. À l’échelle mondiale, environ 370 millions de filles et de femmes ont été affectées par des violences sexuelles, d’après les estimations de l’agence. « La violence sexuelle à l’encontre des enfants est une tache sur notre conscience morale », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef, dans un communiqué.

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Il s’agit de la première fois que l’organisation diffuse de telles statistiques, qui regroupent des données nationales et des résultats d’enquêtes internationales menées entre 2010 et 2022, explique Claudia Cappa, statisticienne en chef de l’organisation. Bien qu’il existe des lacunes et des sous-estimations dans certains pays, elle souligne l’importance de donner de la visibilité à ce problème à travers des chiffres. « C’est terrifiant », ajoute Nankali Maksud, experte en violence à l’égard des enfants pour l’Unicef, basée à Nairobi.

Des conséquences dévastatrices

Avec des répercussions significatives sur le développement, « ce sont des générations de traumatismes », poursuit-elle. « Nous investissons beaucoup d’efforts pour encourager les filles à aller à l’école, mais une fille ayant été violée ou agressée sexuellement n’est pas en mesure d’apprendre ». « Nous constatons des violences sexuelles horribles dans les zones de conflit, où le viol et la violence basée sur le genre sont souvent utilisés comme armes de guerre », ajoute Mme Russell.

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Les agences humanitaires au Soudan ont averti des dangers que le conflit en cours représente pour les filles et les femmes. Par ailleurs, selon Human Rights Watch (HRW), il est difficile d’évaluer l’ampleur des violences sexuelles en raison de la réticence des victimes à se manifester, par crainte de stigmatisation.

Notre Afrik avec AFP

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