Tchad : victoire de Mahamat Déby confirmée par le conseil constitutionnel

Il a été élu dès le premier tour du scrutin avec 61% de voix.

Le général Mahamat Idriss Déby Itno 40 ans, a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du Tchad par le Conseil constitutionnel jeudi 16 mai 2024. Son arrivée à la magistrature suprême par suffrage, marque ainsi la fin d’une transition militaire ouverte le 20 avril 2021. Il y a trois ans, le fils d’Idriss Déby Itno avait été proclamé par l’armée chef de l’Etat pour remplacer son père décédé au front après 30 ans passés au pouvoir.

En lice contre une dizaine de candidats, le président s’est imposé, d’après les résultats définitifs, avec 61% de voix obtenues dès le premier tour. Il renverse ainsi l’espoir de son Premier ministre Succès Masra, candidat lui aussi à cette élection. Celui qui est actuellement Premier ministre avait promis de gagner l’élection et si possible d’amener Mahamat Déby à un second tour. Ce farouche opposant aux Déby est finalement arrivé deuxième de la présidentielle avec 18,54%. Des résultats refoulés par son parti « Les Transformateurs » qui a qualifié le scrutin de “mascarade” et à la suite de quoi Succès Masra a introduit un recours affirmant qu’il serait le vainqueur de l’élection. Malheureusement hier jeudi, le Conseil constitutionnel l’a rejeté.

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Dans la foulée, Succès Masra sur sa page Facebook, a admis n’avoir plus aucun recours juridique et a appelé ses partisans à poursuivre pacifiquement le combat politique. La question se pose désormais de savoir s’il va rester Premier ministre, lui qui prévoyait de conserver une place au président de transition Mahamat Déby s’il était élu.

Intérêt

Succès Masra avait signé un accord de réconciliation avec le général Déby, qui l’a nommé Premier ministre le 1er janvier 2024. L’opposition s’en était indigné et avait appelé à boycotter un scrutin joué d’avance pour perpétuer une dynastie Déby. Il avait également accusé Masra d’être candidat pour donner un vernis démocratique au scrutin et poursuivre ensuite son tandem au pouvoir avec le général. De même, plusieurs observateurs prédisaient que l’élection de Mahamat Déby serait une formalité, comme pour son père, élu et réélu six fois après son coup d’État de 1990.

Des ONG comme la Fédération Internationale des Droits Humains (FIDH) s’étaient inquiétées avant le scrutin, d’une élection ni crédible, ni libre, ni démocratique, dans un contexte délétère marqué par la multiplication des violations des droits humains. Il faut préciser que la transition a fait réprimer violemment toute opposition et a écarté du scrutin, les rivaux les plus dangereux du général Déby. Le jour de l’élection présidentielle, au moins 76 militants du parti de Succès Masra ont été arrêtés. Ils sont accusés d’avoir usurpé la qualité de délégué de leur parti dans des bureaux de vote, selon le parquet de N’Djamena.

 

Tatiana Kuessie avec l’AFP