La Côte d’Ivoire tient peut-être sa prochaine grande mine d’or, à Boundiali. Le 8 octobre 2026, le groupe australien Aurum Resources a présenté au Premier ministre, Robert Beugré Mambé, son projet aurifère situé dans les départements de Boundiali et de Kouto, dans le nord du pays. Selon la Primature, le gisement présente une capacité « estimée à 115 tonnes » d’or, et l’exploitation doit débuter en 2028.
Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, l’a présenté comme la quatrième mine « de classe mondiale » découverte dans le pays ces dernières années. La Primature précise que le terme désigne un gisement de 90 à 100 tonnes d’or ou plus.
Boundiali : des chiffres à rapprocher
Le chiffre de 115 tonnes ne se retrouve pas tel quel dans les publications de l’entreprise. Aurum Resources, cotée à la Bourse australienne, affiche sur sa page consacrée au projet des ressources de 3,22 millions d’onces d’or, mises à jour en mai 2026, soit environ 100 tonnes. Son étude de préfaisabilité de juin 2026 retient une réserve probable de 1,21 million d’onces, soit environ 38 tonnes.
La différence n’est pas une contradiction, mais elle compte. Les ressources désignent l’or identifié dans le sous-sol ; les réserves, la part dont l’exploitation est jugée rentable par les études. Les documents publics ne disent pas à quelle catégorie correspondent les 115 tonnes annoncées à Abidjan, ni à quelle date. Aurum prévoit une production d’environ 185 000 onces par an, un peu moins de 6 tonnes, pendant les cinq premières années.
Un calendrier encore à confirmer
Le projet doit encore franchir plusieurs étapes. L’entreprise chiffre l’investissement nécessaire avant la production à 342 millions de dollars. Elle vise une décision finale d’investissement à la fin de 2026 et un premier or au premier semestre de 2028. Les demandes de permis d’exploitation sont en cours ; des certificats de conformité environnementale ont été obtenus en mai 2026 pour trois périmètres.
Côté emplois, la Primature annonce 4 200 emplois directs et indirects pendant la construction, puis environ 2 200 pendant l’exploitation. Les deux chiffres portent sur des phases différentes et ne s’additionnent pas. Le ministre a demandé que ce type de grand projet réalise des investissements utiles aux populations au-delà de la durée de vie de la mine.
L’ambition aurifère ivoirienne
Boundiali s’ajoute à une série de projets qui transforment le secteur minier ivoirien, comme la mine de Koné, qui a réalisé sa première coulée d’or en septembre. Le gisement se situe dans le nord, une région longtemps restée en marge, où la question des retombées locales sera suivie de près : recrutements dans la région, sous-traitance, formation et infrastructures appelées à survivre à la mine.
La prochaine étape décisive sera la décision d’investissement attendue d’ici la fin de l’année. C’est elle qui dira si l’or de Boundiali devient une mine.
Sources
- Primature de Côte d’Ivoire, compte rendu de l’audience du 8 octobre 2026.
- Aurum Resources, page du projet Boundiali et étude de préfaisabilité du 11 juin 2026.
- Agence ivoirienne de presse, Koaci, Agence Ecofin et APA News, 8-9 octobre 2026.
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