La Banque mondiale relève ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne. Dans son rapport semestriel publié le 6 octobre 2026, elle prévoit 4,3 % de croissance en 2026, contre 4,1 % en 2025, et a revu à la hausse les perspectives de près des trois quarts des pays de la région. Selon l’Agence Ecofin, 21 pays devraient accélérer par rapport à 2025.
Parmi eux, la hausse médiane atteint 0,8 point, selon Ecofin, qui cite notamment la Guinée équatoriale et le Botswana, puis la Zambie, l’Angola et la République du Congo. La Banque mondiale mentionne de son côté l’Angola, l’Éthiopie, le Nigeria et la Zambie parmi les économies dont les perspectives s’améliorent.
Afrique subsaharienne : la Banque mondiale relève sa prévision
La révision tranche avec avril. La Banque mondiale avait alors abaissé ses prévisions pour la région, sous l’effet des perturbations dans le détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % du pétrole mondial, qui avaient renchéri le carburant et les engrais pour les pays importateurs.
Deux notions ne doivent pas être confondues. Une prévision relevée compare deux estimations faites à des dates différentes ; une accélération compare le rythme de croissance de deux années. Un pays peut faire mieux que prévu tout en ralentissant, et inversement. Et les taux de 2026 restent des projections, susceptibles d’être révisées.
Des prix qui montent plus vite
Le pouvoir d’achat reste sous pression. La Banque mondiale prévoit une inflation médiane de 5,5 % en 2026, contre 3,7 % en 2025 : une partie des gains de production pourrait être absorbée par la hausse des prix, en particulier de l’alimentation et du transport.
Les budgets publics, eux, restent contraints par la dette. Selon le rapport d’avril, le service de la dette a presque doublé, de 9 % des recettes publiques en 2017 à environ 18 % en 2025, et près de la moitié des pays de la région présentent un risque élevé de surendettement ou sont déjà en difficulté. Chaque franc consacré aux intérêts manque aux écoles et aux routes.
La croissance ne suffit pas à l’emploi
La Banque mondiale le reconnaît elle-même : la progression attendue reste insuffisante pour réduire fortement l’extrême pauvreté et créer les emplois nécessaires. Plus de 620 millions de personnes rejoindront le marché du travail africain d’ici 2050, selon l’institution, qui plaide pour une croissance plus productive, plus diversifiée et davantage portée par le secteur privé.
L’édition d’octobre consacre aussi un chapitre à l’intelligence artificielle, dont l’adoption dépend de l’électricité, de la connectivité et des compétences, des contraintes que détaille notre dossier sur l’IA africaine sous contrainte. Pour les familles et la diaspora, le taux de croissance ne dit pas ce qu’un ménage peut acheter : ce sont les prix, les revenus et les services disponibles qui mesureront la reprise.
Sources
- Banque mondiale, communiqué sur l’édition d’octobre 2026, 6 octobre 2026, et rapport d’avril 2026.
- Agence Ecofin, 7 octobre 2026 ; Fonds monétaire international, Perspectives économiques régionales, avril 2026.
- AllAfrica et Financial Afrik, 9 avril 2026.
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