Au Soudan du Sud, l’accord de paix de 2018 reste à appliquer, et Pretoria le rappelle. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a reçu son homologue Salva Kiir en visite de travail à Pretoria et lui a demandé une application complète de l’accord de paix revitalisé, selon le communiqué de la présidence sud-africaine daté du 7 octobre 2026. Les premières élections générales du pays sont prévues le 22 décembre 2026.
Cyril Ramaphosa a insisté sur la nécessité d’un processus électoral inclusif, fondé sur la confiance et la coopération. Le communiqué évoque un soutien régional aux capacités électorales, sans montant, sans liste d’équipements ni calendrier.
Soudan du Sud : un accord signé il y a huit ans
L’Accord revitalisé sur le règlement du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS), signé le 12 septembre 2018, a mis fin à cinq ans de guerre civile entre les partisans de Salva Kiir et ceux de son rival Riek Machar. Huit ans plus tard, il reste le cadre de référence de la transition, mais sa mise en œuvre est « inégale », selon le président par intérim de la Commission conjointe de suivi et d’évaluation reconstituée (RJMEC), George Aggrey Owinow, dans une analyse publiée le 1er octobre 2026.
La commission y relève les difficultés liées à la détention et au procès de Riek Machar et à l’exclusion de responsables politiques. Elle rappelle que la transition a été prolongée de 24 mois en septembre 2024, et cite parmi les chantiers inachevés les arrangements de sécurité, la Constitution permanente et la justice transitionnelle.
Pretoria, médiateur de longue date
L’Afrique du Sud joue un rôle central dans le dossier. Cyril Ramaphosa préside le comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan du Sud, dit C5, qui réunit aussi l’Algérie, le Nigeria, le Rwanda et le Tchad. Lors d’un sommet du C5 à Addis-Abeba en février 2026, il avait averti que des élections seules ne garantiraient pas une paix durable. L’Algérie, autre membre du comité, a proposé un soutien logistique et technique au scrutin.
La RJMEC a salué le dialogue interpartis ouvert le 24 septembre 2026 comme une chance de construire un chemin consensuel vers les élections. Rien n’indique encore qu’il ait réglé les différends.
Voter sans paix, le risque
Le scrutin du 22 décembre devra se tenir dans un pays où une partie de l’opposition se dit exclue. Si une part de la population perçoit le processus comme fermé, la logistique du vote ne réglera pas le problème de confiance, et l’élection pourrait aggraver les divisions qu’elle doit apaiser.
Le test de la rencontre de Pretoria sera son suivi : des engagements concrets sur la participation des opposants, les réformes de sécurité et l’assistance électorale. Sans eux, l’appel au respect de l’accord rejoindra la longue liste des rappels restés sans effet.
Sources
- Présidence sud-africaine, communiqué sur la rencontre avec Salva Kiir, 7 octobre 2026.
- RJMEC, analyse du 1er octobre 2026 et communiqué du 22 septembre 2026 ; Mission des Nations unies au Soudan du Sud.
- APA News, 8 octobre 2026 et février 2026 ; KT Press, février 2026.
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