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Soudan du Sud : vote le 22 décembre, Alger propose son aide

Salva Kiir, président du Soudan du Sud, qui maintient les élections du 22 décembre 2026

Le Soudan du Sud n’a jamais voté depuis son indépendance en 2011. À moins de trois mois des élections générales prévues le 22 décembre 2026, l’Algérie s’est dite prête à apporter un soutien logistique et technique aux autorités et aux institutions électorales du pays. L’offre a été formulée au nom du président Abdelmadjid Tebboune par le Premier ministre Sifi Ghrieb, lors d’une réunion virtuelle du Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine sur le Soudan du Sud, rapportée le 29 septembre 2026. Aucun montant, volume de matériel ni nombre d’experts n’a été annoncé : c’est une offre, pas encore un dispositif.

Un scrutin maintes fois reporté

Les élections devaient se tenir en décembre 2024. En septembre 2024, le président Salva Kiir a prolongé de deux ans la période de transition ouverte par l’accord de paix revitalisé de 2018, le R-ARCSS, qui avait mis fin à cinq ans de guerre civile entre ses partisans et ceux de son rival Riek Machar, un conflit qui a fait environ 400 000 morts. La date du 22 décembre 2026 est retenue par l’agence APA, l’AFP et la Commission électorale ; la radio sud-soudanaise Eye Radio a évoqué le 26 décembre.

Le calendrier est désormais maintenu, quitte à contourner des étapes. Le président a dissous le gouvernement de transition et installé une administration intérimaire de treize portefeuilles chargée de conduire le pays jusqu’au vote, après des amendements électoraux qui permettent de l’organiser sans Constitution permanente ni recensement national. Il presse la Commission électorale d’accélérer, l’inscription des électeurs devant débuter prochainement. Devant le comité de l’Union africaine, Salva Kiir a affirmé que le pays était prêt ; le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui préside ce comité, a appelé les dirigeants sud-soudanais à surmonter leurs divergences.

Soudan du Sud : ce que l’Algérie peut apporter, et ce qu’elle ne peut pas

Le comité, dit C5, réunit l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Tchad, le Nigeria et le Rwanda. L’Union africaine a déjà identifié les besoins : matériel, transport, communications, expertise, renforcement de la Commission électorale et des institutions chargées du processus constitutionnel, sécurité. Le territoire rend la logistique redoutable, routes limitées, zones inondables, insécurité, populations déplacées. Acheminer des urnes dans certaines régions est une opération en soi, et le financement international se contracte : le Cluster Logistique a annoncé la fin de certaines opérations par hélicoptère à partir du 31 octobre 2026, faute de ressources.

L’Algérie invoque les « solutions africaines aux problèmes africains ». Elle suit le dossier de près : membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies en 2024-2025 au sein du groupe A3+, elle a appelé au respect de la feuille de route électorale, et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, qu’elle présidait fin août 2026, a consacré une réunion aux préparatifs du scrutin. Aider à organiser la première élection nationale d’un État africain renforce aussi sa présence dans les mécanismes de paix continentaux.

Le test vient après le 22 décembre

Aucun équipement ne résout un blocage politique. Abdelmadjid Tebboune lui-même a souligné que le blocage entre les parties à l’accord de paix affecte l’ensemble de la transition. Réformes institutionnelles, dispositifs de sécurité, processus constitutionnel et relations entre signataires ont pris du retard. L’ambassadeur des États-Unis Michael Adler a conditionné l’appui américain à la garantie d’un environnement pacifique.

Une élection peut avoir lieu techniquement et échouer politiquement. Les questions décisives viendront après : les principaux acteurs reconnaîtront-ils le résultat, les différends passeront-ils par les institutions plutôt que par les armes, le nouveau pouvoir aura-t-il une légitimité suffisante ? L’Algérie peut aider à organiser le vote. Elle ne peut pas créer le consensus à la place des Sud-Soudanais.

Sources

  • Services du Premier ministre algérien et APS, 29 septembre 2026 ; Anadolu Agency, 29 septembre 2026 ; South Sudan Broadcasting Corporation, 30 septembre 2026.
  • Union africaine, Comité ad hoc de haut niveau sur le Soudan du Sud ; APS, Conseil de paix et de sécurité de l’UA, 27 août 2026.
  • Le360 Afrique / AFP, 14 septembre 2024 ; APA News, sur la dissolution du gouvernement de transition ; Eye Radio, déclaration de l’ambassadeur Michael Adler ; accord R-ARCSS.

À lire aussi sur NotreAfrik : Soudan : l’Union africaine à Khartoum, 3 mois de retard

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