L’armée malienne a repris Kidal. Les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par les paramilitaires russes d’Africa Corps, sont entrées le 6 octobre 2026 dans le bastion historique de la rébellion touarègue, dans le nord du Mali, après le départ des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA). Les rebelles contrôlaient la ville depuis fin avril 2026. Kidal change de mains pour la deuxième fois en six mois.
Selon le portail du gouvernement malien, l’entrée dans la ville conclut une offensive aérienne et terrestre menée avec Africa Corps autour de Kidal et sur plusieurs axes du nord-est, dans le cadre de l’opération Dougoukoloko. L’armée annonce vouloir traquer les groupes armés, détruire leurs réseaux d’approvisionnement et rétablir la libre circulation des personnes et des biens. Le 7 octobre, les FAMa ont annoncé consolider leur dispositif dans la ville.
Kidal : deux récits d’une même reprise
Le FLA reconnaît le départ de ses combattants, mais pas la défaite. Son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a expliqué au Financial Times que le mouvement s’était retiré avec ses équipements, sans affrontement direct dans la ville, pour préserver ses capacités face à l’intensification des frappes. Le FLA parle de « repli stratégique » et accuse l’armée et Africa Corps d’un usage disproportionné des moyens aériens ; l’armée affirme avoir mené des frappes de précision. Aucune de ces affirmations n’a pu être vérifiée de manière indépendante.
Selon des informations de l’Agence France-Presse reprises par Le Brief, l’armée est entrée sans résistance directe dans une localité largement vidée de ses habitants. Aucun bilan humain indépendant des opérations n’est disponible.
Six mois de revers pour Bamako
La reprise efface un revers récent. Fin avril 2026, les rebelles touaregs, alliés à des groupes jihadistes selon l’AFP, ce que conteste le FLA, avaient chassé l’armée et ses alliés russes de Kidal. Le ministère russe de la Défense avait alors confirmé le retrait d’Africa Corps de la ville.
Kidal avait déjà été reprise une première fois par l’armée le 14 novembre 2023, après le départ de la mission des Nations unies (Minusma). L’État malien n’y avait presque plus mis les pieds depuis mai 2014, quand la visite du Premier ministre de l’époque, Moussa Mara, avait tourné à l’affrontement meurtrier. Pour la junte, qui a fait de la souveraineté territoriale sa priorité, Kidal est un symbole.
Tenir la ville, le vrai défi
Entrer dans une ville n’est pas la tenir. Un « repli stratégique » laisse les forces rebelles en état de combattre, et leur capacité à revenir a été démontrée en avril. L’armée doit aussi approvisionner ses positions et garder ses routes ouvertes, alors que le blocus jihadiste sur les importations de carburant pèse sur sa logistique.
L’autre mesure de la reprise sera civile : le retour volontaire des habitants, l’accès aux soins et aux services, la possibilité de circuler sans crainte. Le FLA est un mouvement armé ; ses choix n’engagent pas l’ensemble des Touaregs ni les habitants de Kidal, qui ne doivent pas être assimilés aux groupes armés. C’est sur la protection des civils que Kidal pourra cesser d’être un trophée pour redevenir une ville où vivre.
Sources
- Gouvernement du Mali, compte rendu de la reprise de Kidal, 7 octobre 2026 ; Forces armées maliennes, 7 octobre 2026.
- Financial Times et Associated Press, 6 octobre 2026 ; Le Brief (AFP), 6 octobre 2026 ; Koaci, Wakat Séra, 6 octobre 2026 ; Africtelegraph, 8 octobre 2026.
- AFP, fin avril 2026 et 14 novembre 2023.
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