Le cobalt de la RDC garde des débouchés malgré l’essor des batteries qui s’en passent. La consommation mondiale de cobalt devrait progresser de 8 % en 2026, selon une prévision de Benchmark Mineral Intelligence relayée par le Cobalt Institute et l’Agence Ecofin le 7 octobre 2026, puis ralentir à 2,5 % en 2027. Une bonne nouvelle pour le premier producteur mondial, qui ne lui garantit pourtant ni les prix ni les recettes.
La République démocratique du Congo assurait 73 % de la production minière mondiale de cobalt en 2025, selon le Cobalt Institute, le plus souvent comme sous-produit de ses mines de cuivre. Le métal entre dans les batteries lithium-ion à haute performance, mais aussi dans l’électronique et les superalliages de l’aéronautique.
Moins de cobalt par batterie, mais plus de batteries
La concurrence technologique est réelle. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les batteries lithium-fer-phosphate (LFP), qui ne contiennent pas de cobalt, représentaient plus de 55 % des capacités de batteries installées dans les véhicules électriques en 2025. Les chimies riches en nickel, elles, en utilisent relativement peu.
Mais le marché grossit plus vite que la part du cobalt ne recule. Toujours selon l’AIE, les batteries de véhicules électriques ont atteint 1,2 térawattheure en 2025, en hausse de près de 30 % sur un an. Le Cobalt Institute estime la consommation mondiale de cobalt à 276 000 tonnes en 2025, en hausse de 13 %, portée aussi par l’électronique et les superalliages.
Cobalt RDC : Kinshasa tient le robinet
La RDC a choisi d’agir sur l’offre. Face à des cours au plus bas, elle a suspendu ses exportations en février 2025, puis les a reprises le 16 octobre 2025 sous un régime de quotas géré par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS). Selon la fiche de l’AIE consacrée à cette décision, le plafond pour 2026 est de 96 600 tonnes : 87 000 tonnes de quota de base et 9 600 tonnes de quota stratégique.
L’effet a été net : selon S&P Global, les cours ont progressé de 170 % entre février et fin septembre 2025. Le régulateur a encore serré la vis : fin juin 2026, selon Reuters, l’ARECOMS a annoncé que les quotas inutilisés du premier semestre seraient retirés et réattribués au quota stratégique contrôlé par l’État. Selon Bloomberg, Kinshasa propose aussi des quotas plus élevés aux producteurs qui transforment sur place.
Le prix ne fait pas la recette
Le levier a ses limites. Un cobalt cher pousse les fabricants vers les chimies sans cobalt, les acheteurs vers d’autres fournisseurs comme l’Indonésie, et le recyclage gagne du terrain. Et une hausse des prix ne garantit pas une hausse des recettes publiques si les volumes vendus baissent : ce sont les exportations réalisées et les prélèvements effectivement encaissés qui comptent.
Le pari congolais tient donc à un équilibre : des prix assez hauts pour capter davantage de valeur, sans rendre le cobalt dispensable. Le ralentissement prévu à 2,5 % en 2027 rappelle que la fenêtre n’est pas illimitée. La vraie question est ce que la RDC construira autour de sa ressource, raffinage et services industriels, tant qu’elle reste incontournable.
Sources
- Agence internationale de l’énergie, Global EV Outlook 2026 et fiche sur la décision ARECOMS 004/2025, mise à jour le 28 mai 2026.
- Cobalt Institute / Benchmark Mineral Intelligence, Cobalt Market Report 2025, mai 2026 ; Agence Ecofin, 7 octobre 2026.
- S&P Global Commodity Insights, 2025 ; Reuters via SMM, 30 juin 2026 ; Bloomberg.
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