Le Rwanda reste en tête du CPIA 2025, l’évaluation des politiques et des institutions nationales publiée par la Banque mondiale. Selon le compte rendu de l’Agence Ecofin du 6 octobre 2026, le Rwanda obtient 4,2 sur 6, devant la Côte d’Ivoire à 4,0, puis le Bénin et le Cap-Vert, ex æquo à 3,9. L’évaluation porte sur 40 pays d’Afrique subsaharienne éligibles aux financements concessionnels de la Banque.
Le classement ne couvre donc pas tout le continent. Il concerne les pays admissibles à l’Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres. Les économies à revenu intermédiaire supérieur, comme le Maroc ou l’Afrique du Sud, n’y figurent pas.
CPIA 2025 : la Côte d’Ivoire gagne un dixième
D’une édition à l’autre, le haut du tableau bouge peu. Dans l’édition publiée en juillet 2025, qui portait sur l’année 2024, le Rwanda menait déjà avec 4,2, porté par l’inclusion sociale (4,4) et les politiques structurelles (4,3). Le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Cap-Vert et le Kenya partageaient alors la deuxième place à 3,9. La Côte d’Ivoire passe donc de 3,9 à 4,0 et se détache du groupe de poursuivants, tandis que le Bénin et le Cap-Vert se maintiennent.
Cette stabilité au sommet a un sens. Le Rwanda conserve sa première place depuis plusieurs années, signe d’une constance rare dans un exercice où, l’an dernier, neuf pays avaient reculé et dix progressé, pour une moyenne régionale stable à 3,1.
Ce que mesure la note, et à quoi elle sert
Le CPIA, pour Country Policy and Institutional Assessment, note chaque pays de 1 à 6 sur 16 critères regroupés en quatre blocs de poids égal : gestion économique, politiques structurelles, inclusion sociale et équité, gestion du secteur public et institutions. Il juge les politiques effectivement menées pendant l’année, pas les promesses des gouvernements.
La note n’est pas un simple palmarès. Selon la documentation de la Banque mondiale, elle entre dans le calcul des allocations de l’IDA fondées sur la performance : à besoins comparables, un pays mieux noté peut prétendre à davantage de ressources concessionnelles. Elle n’entraîne pas pour autant un versement automatique, et aucun document publié ne permet de chiffrer ce que le dixième gagné rapporte à la Côte d’Ivoire.
Des institutions qui restent le maillon faible
La présentation régionale de la Banque mondiale nuance le tableau. Elle relève des progrès dans la gestion économique, mais désigne la gestion du secteur public et des institutions comme le bloc le plus faible de la région : transparence, responsabilité et État de droit restent des difficultés. Une bonne moyenne peut ainsi masquer une note plus modeste dans l’un des quatre blocs.
Pour un investisseur, y compris de la diaspora, le score oriente sans garantir. Il signale un cadre jugé solide, sans dire si une procédure administrative aboutira ou si un contrat sera exécuté. C’est la décomposition par critère, pays par pays, qui dira où les réformes ont porté et où elles restent à faire.
Sources
- Banque mondiale, présentation du CPIA Afrique et méthodologie du score global, consultées en octobre 2026.
- Agence Ecofin, 6 octobre 2026.
- Banque mondiale, édition de juillet 2025 (données 2024) ; Direction générale du Trésor (France), Brèves économiques n° 593, 18 juillet 2025 ; Tchadinfos, 23 septembre 2025.
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