Au Burundi, le FMI demande à la Banque de la République du Burundi (BRB) deux chantiers : produire régulièrement des statistiques monétaires et des indicateurs de solidité financière fiables, et préparer l’application de la norme comptable IFRS 9. Les recommandations figurent dans un rapport d’assistance technique publié le 25 septembre 2026, consacré à la mission menée par le département des statistiques du Fonds auprès de la banque centrale du 28 avril au 9 mai 2025. Un sujet technique, mais sans données fiables sur les banques, ni la politique monétaire ni la supervision ne peuvent fonctionner.
Deux ensembles de données
Le rapport se concentre sur les statistiques monétaires et financières, qui décrivent l’évolution des dépôts, du crédit et des agrégats monétaires, et sur les indicateurs de solidité financière, des ratios de fonds propres, d’actifs, de rentabilité et de liquidité des établissements. Produites de façon régulière et cohérente, ces séries aident les autorités à repérer les fragilités du système financier, à comparer les établissements dans le temps et à lire les effets de la politique monétaire. Des lacunes rendent plus incertaine l’interprétation des ratios et peuvent retarder l’identification des vulnérabilités.
Burundi : ce que le FMI a convenu avec la BRB
La mission a validé un cadre harmonisé de compilation des statistiques monétaires pour les autres sociétés de dépôts, préparé la reprise de la transmission régulière des indicateurs de solidité financière au FMI, et aidé la BRB à mettre au point des outils automatisés de production. Le rapport recommande de renforcer les procédures d’assurance qualité et les compétences du personnel en méthodes quantitatives, et de préparer les dispositifs techniques et institutionnels nécessaires à IFRS 9, la norme internationale qui encadre la comptabilisation des pertes de crédit attendues. Cette transition suppose des données suffisamment détaillées sur les prêts, les risques et les provisions. Un plan d’action a été convenu pour rendre régulières compilation et transmission ; la publication d’une recommandation ne garantit ni l’adoption des outils ni la transmission de séries complètes.
Un rapport statistique, pas un audit des banques
Le document décrit une mission d’assistance statistique et ses recommandations. Il ne constitue pas un audit des banques burundaises ni une évaluation de leur solvabilité. Lors de sa consultation de 2026 au titre de l’article IV, le FMI avait indiqué séparément que le secteur bancaire paraissait globalement résilient, tout en signalant des vulnérabilités à surveiller. L’assistance du Fonds au Burundi couvre plusieurs domaines : gestion des finances publiques, administration fiscale, politique de dépenses, statistiques, supervision bancaire et politique monétaire. Pour la BRB, l’enjeu est aussi de crédibilité auprès des bailleurs et des investisseurs, qui lisent ces données pour évaluer la situation du pays. Les banques centrales de la région avancent sur les mêmes sujets : la COBAC se penche sur les crédits sensibles aux risques ESG en zone CEMAC.
Pour mesurer les progrès, il faudra suivre les publications de la BRB et les prochaines transmissions au FMI : régularité des séries, couverture des institutions, respect des définitions internationales, contrôles de qualité et calendrier d’application d’IFRS 9. Le résultat attendu n’est pas seulement un meilleur reporting international, mais une base plus solide pour suivre le crédit et la stabilité financière. Le FMI tient le même discours à la CEMAC, où il alerte sur le déficit attendu en 2027.